lundi 22 mars 2021
Les Somnambules - Chuck Wendig
dimanche 28 février 2021
La transformation des papillons - Federico Axat
Un roman bluffant
Le résumé :
Sam a un an lorsque sa mère disparaît dans un accident de voiture. "Disparaît", oui, car bien que Sam ait été présent dans l'habitacle et que l'accident l'accompagne souvent dans ses rêves, personne n'a retrouvé sa mère. Sam croit seulement se souvenir que quelqu'un ou quelque chose l'a emportée. Cette disparition fera d'ailleurs grande impression dans la petite ville de Carnival Falls qui en a connu d'autres. Certains racontent même que des extra-terrestres enlèvent des gens.
Sam est placé à un an dans une famille d'accueil, chez les Carroll qui n'accueillent pas moins d'une quinzaine d'enfants, les presque frères et sœurs d'adoption de Sam. Dans l'ensemble Sam sera heureux, même si des petites et grandes rivalités s'emploieront à perturber ses jeux.
Lorsque débute le récit, nous sommes en 1985 et Sam a un grand ami : Billy Pompeo, un jeune garçon de son âge (onze/douze ans) qui habite la petite ville. Ils vont tous deux faire la connaissance de Miranda Matheson, une fille de leur âge qui vient de s'installer dans une somptueuse demeure familiale avec ses parents revenus du Canada. Les deux amis tombent tous les deux amoureux de Miranda et le trio devient inséparable, partageant jeux, soucis et mystères.
Les trois enfants vont vivre des aventures palpitantes mais aussi découvrir que le monde des adultes est complexe, voire impitoyable.
Mon opinion :
Un roman bluffant, qui m'a scotchée du début à la fin. Surtout à la fin....L'auteur, Federico Axat, a beaucoup de talent, et je n'oublierai pas le traducteur qui a une large part dans la réussite de ce récit.
Contrairement à ce que le résumé pourrait laisser croire, ce n'est pas un livre jeunesse, c'est un roman qui fleure bon l'enfance, les amours enfantines, les vacances, le soleil, les jeux et l'amitié. Mais c'est aussi un roman qui évoque des sujets graves que je vous laisse découvrir.
Certains passages m'ont fait penser à La Guerre des boutons de Louis Pergaud avec les jeux, la construction de cabanes, les courses à travers la forêt, tandis que d'autres m'ont rappelé Sa Majesté des mouches de William Golding, à cause de la cruauté et de la violence de certains personnages.
Le roman se promène entre le passé et le présent de Sam, ce qui peut sembler déstabilisant mais nécessaire pour que l'auteur puisse nous amener là où il l'a décidé.
J'ai vraiment adoré ce roman que j'ai beaucoup de difficultés à présenter et à résumer et vous comprendrez pourquoi en le lisant.
jeudi 25 février 2021
Les donneurs de mauvaises nouvelles
A la manière d'un grand poète belge
Les
donneurs de mauvaises nouvelles
Constamment au taquet, ils épluchent les journaux.
Avides de sang, de guerres, de désastres, ils se jettent sur les reportages télévisés.
Ils écoutent. Ils guettent. Ils espionnent les coliques de la planète.
L’œil vif et la langue pendante, ils ressemblent à des chacals.
Ils sont habiles, rapides, curieux, cruels.
Ils recueillent les faits divers, épluchent les récits de catastrophes.
Et puis, enfin repus, ils s’empressent de semer les graines du désespoir.
Ils s’approchent insidieusement des gens heureux et déversent leurs abominations dans leurs oreilles inquiètes.
Ils n’ont de cesse de semer le trouble, de distiller le chagrin, d’effacer les sourires et le bonheur des visages de ceux qu’ils abhorrent.
Ils ne s’arrêtent jamais tant qu’une parcelle d’espoir ou de bonne humeur continue d’exister.
La mission qu’ils se sont donnée est d’assombrir le ciel bleu, d’éteindre le soleil, de tourmenter les âmes.
Ce sont les donneurs de mauvaises nouvelles, uniquement préoccupés par le malheur des autres.
Fuyez-les ! Fuyez-les vite ! Votre chagrin est leur raison de vivre !
lundi 22 février 2021
Si ça saigne - Stephen King
Un recueil de nouvelles
Le résumé :
Quatre nouvelles composent ce recueil : Le téléphone de monsieur Harrigan, La vie de Chuck, Si ça saigne, Rat.
Le téléphone de monsieur Harrigan est l'histoire de Craig, onze ans qui vit avec son père et qui est embauché par M Harrigan pour de menus travaux modestement rémunérés, il est notamment chargé de lui faire la lecture. M Harrigan est un homme très riche, venu prendre sa retraite dans ce petit village où il fait bon vivre. C'est aussi un très vieux monsieur qui n'a pas Internet et pas de téléphone portable, et pourtant il a largement les moyens de se les offrir. Il a l'habitude d'offrir à Craig, dont il apprécie la compagnie, un ticket à gratter de loterie, et ceci quatre fois par an,
Un jour Craig gagne un peu d'argent grâce à ces tickets et pour remercier son bienfaiteur, il a l'idée de lui offrir un téléphone portable....
La vie de Chuck est l'histoire d'un homme qui meurt d'un cancer sur son lit d’hôpital, entouré de sa famille.
Si ça saigne est une nouvelle dans laquelle on retrouve Holly Gibney, l'un des personnages du roman L'Outsider. Elle vit dans une petite ville et est associée avec Pete Huntley dans l’agence de détectives privés Finders Keepers. Elle souffre toujours de la disparition de Bill Hodges, autre personnage de L'Outsider, et effectue de petites missions.
Un jour, elle est devant la télévision quand éclate un attentat dans un collège de Pineborough, en Pennsylvanie, à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Pittsburgh. Beaucoup d'enfants meurent ou sont grièvement blessés.
Rat est une courte nouvelle qui met en scène Drew Larson, professeur et écrivain qui a connu quelques petits succès en écrivant des nouvelles mais qui semble incapable d'écrire un roman sous peine de grave dépression. Pourtant, un jour, une idée de roman lui vient et il décide, malgré les réticences de son épouse, d'aller s'enfermer dans un chalet au milieu des bois pour commencer l'écriture de ce roman de la dernière chance.
Mon opinion :
Depuis quelques années, je suis moins encline à lire les romans de Stephen King. C'est un excellent conteur, un écrivain hors pair et il a évolué, ce qui est normal, mais je ne retrouve plus dans ses romans la spécificité et l'originalité qui étaient au centre de ses premières œuvres. Je pense à Shining, à Simetierre, à Bazaar et à tant d'autres. Mon sentiment est que Stephen King s'éloigne un peu du fantastique pur de celui de Ça, par exemple, pour se tourner vers un surnaturel plus confidentiel, plus discret. Or, j'avais adoré Ça qui restera pour moi le chef d'oeuvre de l'auteur.
Ce recueil de nouvelles ne fait pas exception à la règle. Le talent de l'écrivain est toujours aussi percutant, les histoires sont toujours prégnantes et merveilleusement bien contées, mais je n'ai toujours pas retrouvé ce souffle fantastique que j'avais tant aimé, ni cette atmosphère angoissante des premiers romans et des premières nouvelles du King.
La première nouvelle, et l'auteur en convient, m'a beaucoup fait penser à une autre histoire dont j'ai oublié le titre. Je dirais donc que le dénouement est un peu convenu et manque d'originalité.
Ceci dit, la nouvelle qui se rapproche le plus de ce que Stephen King écrivait autrefois est Rat. Dans ce récit, on retrouve l'atmosphère angoissante qui m'avait ravie dans La petite fille qui aimait Tom Gordon.
Par contre, et sans déflorer le sujet, Si ça saigne ne m'a pas emballée, pas plus que le roman L'Outsider.
Mais nul doute que les fans du King seront ravis à la lecture de ce recueil, et c'est très bien.
samedi 2 mai 2020
Délicieuses pourritures - Joyce Carol Oates
![Délicieuses pourritures (Roman étranger) par [Joyce Carol Oates, Claude Seban]](https://m.media-amazon.com/images/I/51E9a7e8ufL.jpg)
C'est d'abord le titre qui m'a attirée et incitée à choisir ce roman. J'ai tout de suite adoré cet oxymore "délicieuses pourritures" et j'ai tout de suite voulu savoir de quoi il était question.
Les maîtres-mots de ce roman sont la fascination, l'amour, le pouvoir, le contrôle, le narcissisme, la pourriture.
Je ne vais pas déflorer davantage le sujet de ce roman ni trop vous en raconter, mais au contraire vous en dire le moins possible pour vous inciter à vous le procurer et à le dévorer. Mais attention, il vous laissera un goût amer dans la bouche....
mardi 28 avril 2020
Premier amour - Joyce Carol Oates

Si le premier m'a littéralement envoûtée Ici, le second m'a laissée dubitative là mais globalement, je suis tombée sous le charme de cet écrivain. Eh oui, je me refuse à écrire "écrivaine" car je déteste ce mot et cette manie de vouloir à tout prix faire preuve d'un féminisme à outrance jusque dans la féminisation des mots et des métiers.
J'ai donc décidé de garder un oeil sur les romans de cette grande dame, tout en sachant que ses oeuvres peuvent à la fois vous ravir mais aussi vous entraîner dans des chemins assez tortueux.
Premier amour fait partie des romans qui peuvent ..... surprendre par le caractère très délicat du sujet abordé, sujet que je ne vous révélerai pas tant il est important de le découvrir seul.
Ce que je peux ajouter, sans vous mettre vraiment sur la piste, est que j'ai mis quelques pages avant de comprendre de quoi il était réellement question tant cet auteur a du talent. Elle est capable d'aborder de la manière la plus poétique et la plus ambiguë aussi un sujet brûlant, je dirai même choquant ou scabreux.
Je vous laisse découvrir ce tout petit roman qui se lit en une ou deux heures et qui vaut vraiment le détour.
Enjoy !
mardi 11 juin 2019
Zona frigida - Anne Birkefeldt Ragde

vendredi 31 mai 2019
Pierre - Fendre - Brice Tarvel

Le jour n’était pas tout à fait levé. Seule une demi-douzaine d’oiseaux de lumière avaient quitté leur repaire nocturne pour tournoyer mollement au ras de la voûte. Leurs ailes immenses pareilles à des flammes battaient en silence comme elles le feraient jusqu’à ce que revienne la nuit, c’est-à-dire jusqu’au moment où ces singulières créatures regagneraient leur cachette dans une des tours du château. Les héliavis, ainsi qu’on les nommait, remplaçaient ce mystérieux soleil qui éclairait le monde de jadis dépourvu de murailles.Jazole, l'oiseau parlant d'Aurjance ;
Jazole, l’oiseau pique-pierre parleur et apprivoisé appartenant à Aurjance, se tenait sur son épaule, mais il ne tarda pas à rejoindre celle de sa maîtresse en lançant des « Jazole sait tout, Jazole dit tout ! » qui n’auraient pas manqué de faire sourire en d’autres circonstances.Ce qui tient lieu de montures :
« Si j’ai bien compris, c’est deux gonches que je dois vous confier », intervint Nordin qui, tenant une paire de belles bêtes par la bride, commençait à s’impatienter.Il ressemblait quelque peu à ses protégés. Longue chevelure en crinière, corpulence impressionnante, ongles sales évoquant des griffes… Il ne lui manquait que la queue écailleuse. Quoique, allez savoir..... [les bêtes moitié cheval, moitié dragon].Ce qui peut vous arriver en cheminant dans ce pays :
« La rocheluche commence toujours par vous solidifier les parties basses. Elle les rend plus cassantes que de la craie et, quand vous pissez, vous ne ressentez rien de plus que le goulot d’une fontaine. Puis le mal s’étend sans laisser beaucoup de répit, il grimpe jusqu’à vous rigidifier tout entier, faisant de vous une statue comme celles abandonnées ici ou là ou plantées en guise d’épouvantails dans les champs. Avez-vous envie d’avoir la bistouquette métamorphosée en un plantoir qui ne vous procurera plus aucun plaisir et qui se brisera à la moindre maladresse ? »Quelques "créatures" hantant le château :
Empaquetés en permanence dans leurs armures rougeâtres, les Acérains amenaient en effet à l’esprit des images de crustacés d’une taille ahurissante. Les billes noires qu’on distinguait dans la fente de leurs heaumes renforçaient cette impression et, bien qu’ils fussent dotés de quatre membres, on s’interrogeait sur leur véritable nature. Étaient-ils humains ? N’appartenaient-ils pas à ces monstres qui hantaient les sombres hauteurs mystérieuses du château ? Telles les petites bestioles que l’on pêchait dans les ruisseaux pour les faire cuire au court-bouillon, on les imaginait sortis d’une inquiétante citerne d’eau fuligineuse, d’un bassin situé sur quelque chemin de ronde inaccessible.
« Des chauves-souris ! s’écria Dulvan en levant les bras pour se protéger.
— Tu veux dire des vampires, corrigea Garicorne. Et ils sont gros comme des cochons ! »
La comparaison n’était pas si exagérée. Ces chiroptères possédaient des ailes membraneuses d’une envergure exceptionnelle et elles soutenaient un corps à l’abdomen blafard et rebondi strié de vaisseaux gonflés de sang. Quant à leurs têtes, si elles étaient affublées d’un museau écrasé s’apparentant quelque peu à un groin, celui-ci laissait dépasser deux redoutables canines de la longueur d’une phalange. Le plus surprenant, c’était toutefois leur couleur. Ils étaient roses et pelucheux, avec des yeux ardents au pouvoir quasi hypnotique.
Le fantôme d’une fillette n’aurait pas dû être très inquiétant. [...] L’enfant n’avait pas plus de consistance qu’une buée déposée sur un miroir, on voyait à travers son semblant de corps et de chemise de nuit, vêtement opalescent descendant jusqu’à ses pieds nus. Ceux-ci effleuraient à peine le plancher mais, visiblement mouillés, ils répandaient une flaque d’eau allant s’élargissant. Ses longs cheveux pareils à un emmêlement de fumée rabattue par un souffle encadraient son étroit visage livide et tombaient jusqu’à sa maigre poitrine que n’animait aucune respiration. Ses yeux qui ne cillaient pas, privés d’iris, ne laissaient voir que la blancheur hallucinante de leurs sclérotiques.
Vêtu d’un sarrau crasseux, il arborait une tignasse et une barbe grises aussi peu entretenues mais, ce qui frappait surtout, c’était son absence de jambes. Non pas qu’il fût cul-de-jatte, cela n’aurait pas été si extraordinaire. En guise de membres inférieurs identiques à ceux de tout un chacun, il possédait deux bras supplémentaires dont il se servait avec la même dextérité que ceux accrochés à ses épaules.
Et bien d'autres créatures, inventions plus délirantes les unes que les autres, comme cette pluie noire, par exemple.
En fait c'est un univers qui m'a beaucoup fait penser au célèbre roman de Brian Aldiss, Croisière sans escale, puisqu'on retrouve un peu les mêmes thèmes : un voyage périlleux dans un univers dangereux et un dénouement étonnant.
lundi 29 avril 2019
Le Prince de la brume - Carlos Ruiz Zafón
![Le Prince de la Brume par [ZAFÃN, Carlos Ruiz]](https://images-eu.ssl-images-amazon.com/images/I/41QEShsO7xL.jpg)
jeudi 25 avril 2019
Abracadabra - Maurice Sachs

Le résumé:
— Par la quenouille de mon aïeule, je vous salue, monsieur !Daniel souleva, tout doucement, les paupières, ne vit rien et se rencogna dans son fauteuil, en grognant.— Par la quenouille de mon aïeule, je vous salue ! s’écria une voix étrange.Cette fois, Daniel s’agita comme un dormeur qui a le cauchemar et porta ses mains à ses oreilles.— Par la quenouille…Daniel sursauta et ouvrit les yeux.— Ah çà, fit-il.— Je vous salue, monsieur, dit fort courtoisement un petit homme aussi bizarre que jamais ne se vit un petit homme.
— Je m’appelle Grain-de-Sel et par la quenouille de mon aïeule, je veux être changé en souris blanche si Grain-de-Sel n’est pas mon nom.En fait, Grain de sel a un projet assez généreux.
— Comme il m’a semblé que vous vous ennuyiez, et que j’ai la vanité de croire que je sais distraire ceux qui s’ennuient, je suis venu me présenter. Si cela vous tente, nous nous verrons ; si je vous importune, je m’en vais. Rassurez-vous donc ; je ne viens pas vous gêner. Je viens m’amuser à vous distraire.Et Daniel, sans le savoir, va s'embarquer dans une étrange aventure qui va changer son destin.
Mon opinion :
https://www.franceculture.fr/emissions/une-vie-une-oeuvre/maurice-sachs-1906-1945-la-mauvaise-reputation
dimanche 21 avril 2019
Élévation - Stephen KIng

Mon opinion :
mardi 15 janvier 2019
La Vouivre - Marcel Aymé

Résumé des deux premiers chapitres :
Mon opinion :
J'adore les légendes, le merveilleux. Et la Vouivre est une légende de la Franche-Comté qui raconte l'histoire d'une femme très belle qui...Mais je laisse parler l'auteur :
"Vouivre, en patois de Franche-Comté, est l’équivalent du vieux mot français « guivre » qui signifie serpent et qui est resté dans la langue du blason. La Vouivre des campagnes jurassiennes, c’est à proprement parler la fille aux serpents. Elle représente à elle seule toute la mythologie comtoise, si l’on veut bien négliger la bête faramine, monstre certainement très horrifique, mais dont la forme et l’activité sont laissées au caprice de l’imagination. Sur la Vouivre, on possède des références solides, des témoignages clairs, concordants. Dryade et naïade, indifférente aux travaux des hommes, elle parcourt les monts et les plaines du Jura, se baignant aux rivières, aux torrents, aux lacs, aux étangs. Elle porte sur ses cheveux un diadème orné d’un gros rubis, si pur que tout l’or du monde suffirait à peine à en payer le prix. Ce trésor, la Vouivre ne s’en sépare jamais que pendant le temps de ses ablutions. Avant d’entrer dans l’eau, elle ôte son diadème et l’abandonne avec sa robe sur le rivage. C’est l’instant que choisissent les audacieux pour tenter de s’emparer du joyau, mais l’entreprise est presque sûrement vouée à l’échec. À peine le ravisseur a-t-il pris la fuite que des milliers de serpents, surgis de toutes parts, se mettent à ses trousses et la seule chance qu’il ait alors de sauver sa peau est de se défaire du rubis en jetant loin de lui le diadème de la Vouivre. Certains, auxquels le désir d’être riche fait perdre la tête, ne se résignent pas à lâcher leur butin et se laissent dévorer par les serpents."Alors, s'agit-il d'un roman fantastique?
Je répondrai oui, dans un premier temps, car on est bien dans un univers réel, le nôtre, univers dans lequel fait irruption une créature surnaturelle, mythique, impossible à accepter, normalement, si l'on est quelque peu rationnel.
Mais cette créature appartient aussi au folklore merveilleux de toute une région puisque, comme elle l'expliquera elle-même, elle existait avant que les ancêtres de l'homme songent à se redresser et à prendre leur destin en main.
Ceci dit, fantastique ou merveilleux, peu importe car l'auteur ne mise pas réellement sur l'épouvante que peut susciter chez le lecteur l'apparition de cette créature. D'ailleurs, cette Vouivre nous paraît si naturelle, si proche de n'importe quelle fille un peu jolie de la campagne que l'on est finalement très peu impressionné. Oh ! bien sûr, l'arrivée spectaculaire de cette brassée de serpents pourra en faire frémir certains. Mais sans plus.
Donc l'auteur a d'avantage misé sur ses personnages, sur leurs sombres passions. Il a aussi profité de ce roman pour peindre des paysages magnifiques dans lesquels il doit faire bon se promener. On ressent la forêt, l'eau de manière animale et on ne s'étonne pas plus que le héros de voir surgir cette femme-serpent. Et c'est là que se trouve la force de ce roman : nous faire accepter l'inacceptable comme s'il allait de soi.
Aussi je tiens à préciser que Marcel Aymé n'est ni Lovecraft ni Stephen King. Pour lui, le fantastique ou le merveilleux ne sont que des prétextes. Pourtant, ce roman est magique, et si j'ai aimé ce livre, car je l'ai aimé, c'est surtout pour les images bucoliques de la région, et aussi parce que j'avais très envie de savoir comment cette intrigue allait se dénouer. Comment cette ou plutôt ces histoires d'amour allaient tourner.
Evidemment je ne le révélerai pas. A vous de lire cette histoire.
...et même une bande dessinée de Bernard Clavel et François Bourgeon.
Un de Baumugnes - Giono

Le résume des deux premiers chapitres :
Mon opinion :
Impossible de ne pas adorer Giono tant il a ce don si particulier pour décrire les hommes, mais surtout la Nature, et nous faire pénétrer au cœur de ces paysages qu'il a tant appréciés.
Alors, cette histoire?
Eh bien c'est d'abord et essentiellement une histoire d'amitié entre deux hommes, Amédée et Albin. C'est une amitié qui va porter le roman et déboucher sur son dénouement, c'est une amitié d'hommes qui se respectent et qui sont capables de transcender leur condition humaine.
C'est aussi une histoire d'amour. Entre un homme et une femme, d'abord. C'est une histoire d'amour qui est poétique tant les deux personnages sont purs et attachants et tant la décision que va prendre Albin est digne d'un conte.
C'est aussi une histoire d'amour entre les hommes et la Nature. On sait que Giono est poète car il idéalise toujours la Nature, employant des images issues du cœur des campagnards qu'ils soient paysans (Que ma joie demeure) ou simples rouleurs comme ici Albin et Amédée.
C'est aussi une histoire qui frôle le merveilleux car à travers le personnage d'Albin, on peut reconnaître le dieu Pan, tandis qu'Amédée n'est pas sans faire songer à Hermès, en personne.
En fait, si j'aime les romans de Giono, c'est parce qu'ils sont beaux, purs et profondément humains. Ils sont aussi poétiques et intemporels. C'est pour cette raison que je déplore le fait qu'ils soient de plus en plus les grands oubliés des manuels scolaires.
mardi 30 octobre 2018
NANO fictions - Patrick Baud
![Nanofictions par [Baud, Patrick]](https://images-eu.ssl-images-amazon.com/images/I/41bgPq8furL.jpg)
Parfois ces récits vous font sourire ou rire:
Les paresseux élaboraient leur plan de domination depuis des siècles, lentement, au nez et à la barbe des humains qui ne voyaient en eux que des animaux paisibles. Le jour du grand renversement était fixé, mais au dernier moment, ils se firent devancer par les tortues.Parfois ils sont caustiques et vous donnent matière à réflexion :
Parfois ils sont attendrissants :Quand les humains arrivèrent sur l’île, les oiseaux tinrent un conseil de crise :— Nos frères et sœurs du continent nous ont mis en garde contre ces bipèdes. Il faut s’en méfier.— Nous avons déjà connu pire menace, répondit le plus gros. Il ne nous arrivera rien, foi de dodo.
La plupart du temps, quand les gens lui parlaient, elle entendait des sons étranges. Et régulièrement, elle se réveillait dans un endroit différent de celui où elle s’était endormie, comme par magie. Mais cette situation ne l’inquiétait pas outre mesure : elle avait deux ans.Parfois ils sont obscurs et vous obligent à vous torturer l'esprit : (En fait, je ne suis pas sûre de l'avoir bien compris)
Parfois, ils vous disent quelque chose ...Ce juge blond était en train de fumer, quand un serveur lui apporta un vieux whisky.— De la part du monsieur au fond du bar.— Qui est-ce ?— Un typographe.
Elle l’avait prévenu : caché à l’arrière de sa tête, elle avait un second visage. Et s’il essayait de le voir, tout serait fini. Une nuit, pendant qu’elle dormait, il écarta doucement ses cheveux. Il vit deux yeux mi-clos, et une bouche qui chuchota : « Ça restera entre nous. »Parfois ils sont poétiques :
Un jour, il remarqua qu’une nouvelle porte était apparue dans son petit appartement. Il l’ouvrit et se retrouva au beau milieu d’un champ. Il n’en parla à personne, et à partir de ce moment-là, il passa tous ses week-ends à la campagne.Parfois....
Oh ! Et puis, lisez-les ! Vous ne serez pas déçu et trouverez toujours de quoi vous amuser, réfléchir, sourire, grincer des dents, rêver....
samedi 15 septembre 2018
Gwendy et la boîte à boutons - Stephen King et Richard Chizmar

Gwendy craint sans cesse que la boîte à boutons ne soit découverte ou volée. Cette peur, comme un bruit de fond dans sa tête, ne régit cependant pas sa vie, loin de là. Peut-être est-ce d’ailleurs une des raisons pour lesquelles Mr. Farris la lui a donnée. Il a bien dit : Tu es l’élue.
Elle travaille bien à l’école, décroche un rôle important dans la pièce de fin d’année en quatrième (rôle dont elle n’oublie pas une seule réplique), et continue à courir. Rien ne vaut la course à pied ; quand l’ivresse du coureur la saisit, même le bruit de fond disparaît. Parfois elle en veut à Mr. Farris de lui avoir imposé cette responsabilité, mais la plupart du temps ce n’est pas le cas. Comme il l’a affirmé, le coffret accorde des dons. Une faible récompense, disait-il, mais qui ne paraît pas si insignifiante à Gwendy : sa mémoire s’est améliorée, elle n’a plus envie de dévorer tout le contenu du frigo, elle a 10 sur 10 aux deux yeux, et il y a encore autre chose. Sa mère la dit très jolie, mais sa copine Olive va plus loin.
etc.
Et je ne parle pas de la fin en queue de poisson que Stephen King n'a pas dû lire.....
jeudi 13 septembre 2018
Snowblind - Christopher Golden

Dans son restaurant, Ella Santos regarde la neige s'accumuler et déplore le peu de clients qui ont pris le risque de sortir de chez eux. TJ qui joue de la guitare pour les clients du restaurant observe sa patronne et se prépare à sortir rejoindre sa vieille mère chez qui il doit passer la nuit.
Ailleurs dans la ville, Allie Schapiro a organisé un repas familial qui réunit ses deux fils, Jake et Isaac, et Miri la fille de son compagnon, Niro. Elle est anxieuse, à la fois à cause de la neige, mais aussi parce qu'elle craint que ses enfants n'adoptent pas Niro et Miri.
Plus loin encore, dans les rues de la ville, Joe Keenan, un bleu de la police de Coventry, fait sa ronde, anxieux lui aussi.
Ailleurs encore, Doug Manning, jeune mécanicien, est de corvée et obligé d'aller chercher le repas de ses camarades du garage alors qu'il aurait préféré rester avec sa jeune épouse Cherri.
Une petite ville et un blizzard particulièrement fort.
Des habitants qui se calfeutrent chez eux angoissés.
Pourtant, malgré les précautions prises par tous les habitants, des gens, des proches qu'ils chérissent, vont disparaître et mourir : la mère de TJ, le fils d'Allie, Isaac, le compagnon d'Allie, Néro, l'épouse de Doug, Cherri. Et bien d'autres.
Douze ans plus tard, la ville a survécu et les habitants ont essayé tant bien que mal de continuer à vivre sans pour autant oublier leurs chers disparus.
Et on annonce un terrible blizzard, bien plus puissant que celui subi il y a douze ans.
Et certains savent que la neige n'est pas la seule responsable de la mort ou de la disparition d'une partie de la population.
Il y a quelque chose qui attend dans le blizzard......
Mon opinion :
Stephen King a dit de ce roman "Ce livre vous glacera les os et le cœur."
Evidemment, j'adore Stephen King mais je suis néanmoins méfiante : il a parfois porté aux nues des œuvres franchement ennuyeuses du point de vue du fantastique et je ne suis plus ses recommandations. Sauf cette fois, et j'ai eu raison !
Snowblind aurait pu être écrit par le Maître King en personne. C'est un excellent roman fantastique qui installe une atmosphère angoissante induite par la tempête de neige et qui ne laisse aucun répit au lecteur.
Comme Stephen King, Christopher Golden peint des personnages attachants et il procède par petites touches, ne révélant que ce qu'il faut pour retenir l'attention du lecteur, pour qu'il s'attache aux personnages et ait envie de connaître leur destin.
Pour l'atmosphère fantastique, il procède de même: on ne découvre que très progressivement ce qui habite ce blizzard. Et on n'est pas déçu ! D'ailleurs, l'idée est originale et Christopher Golden ne tombe pas dans le déjà-vu. Il dévoile très progressivement la nature de ce qui va prendre possession de la petite ville sans tomber dans le spectaculairement gore ou dans la facilité.
Vraiment j'ai beaucoup aimé ce roman et, comme un lecteur du site de la Dame à cheval, je dirai que si vous aimez Stephen King, vous allez adorer Snowblind de Christopher Golden.
Enjoy !
Le mystérieux Mr Kidder - Joyce Carol Oates

mercredi 15 août 2018
Jour de fureur - Richard Matheson

mercredi 8 août 2018
Schtroumpf les Bains - Peyo (Culliford Thierry , JOST Alain , Garray )

mercredi 1 août 2018
Les Pouvoirs perdus, tome 2: La Faille entre les mondes - Marion Zimmer Bradley



