mardi 30 octobre 2018

NANO fictions - Patrick Baud

De toutes petites histoires

Nanofictions par [Baud, Patrick]

Résumé et impressions :

Il est impossible de résumer ce livre puisqu'il est composé de petits récits de quelques lignes. Des minis nouvelles, si vous voulez.
Le genre relève un peu de la science-fiction, du fantastique aussi, mais surtout de l'humour.
C'est un tout petit recueil d'une centaines de pages qui se dévore en très peu de temps si vous êtes pressé ou qui se déguste histoire après histoire si vous désirez vous imprégner de ces petits univers. 
Ces récits m'ont fait penser aux petits contes de Jacques Sternberg, notamment aux 188 contes à régler, et d'aucuns diraient que ces récits n'ont "rien d'inédit", mais j'ai beaucoup aimé et j'ai passé un bon moment.

Parfois ces récits vous font sourire ou rire: 
Les paresseux élaboraient leur plan de domination depuis des siècles, lentement, au nez et à la barbe des humains qui ne voyaient en eux que des animaux paisibles. Le jour du grand renversement était fixé, mais au dernier moment, ils se firent devancer par les tortues.
Parfois ils sont caustiques et vous donnent matière à réflexion :
Quand les humains arrivèrent sur l’île, les oiseaux tinrent un conseil de crise :
— Nos frères et sœurs du continent nous ont mis en garde contre ces bipèdes. Il faut s’en méfier.
— Nous avons déjà connu pire menace, répondit le plus gros. Il ne nous arrivera rien, foi de dodo.
Parfois ils sont attendrissants :
La plupart du temps, quand les gens lui parlaient, elle entendait des sons étranges. Et régulièrement, elle se réveillait dans un endroit différent de celui où elle s’était endormie, comme par magie. Mais cette situation ne l’inquiétait pas outre mesure : elle avait deux ans.
Parfois ils sont obscurs et vous obligent à vous torturer l'esprit : (En fait, je ne suis pas sûre de l'avoir bien compris)
Ce juge blond était en train de fumer, quand un serveur lui apporta un vieux whisky.
— De la part du monsieur au fond du bar.
— Qui est-ce ?
— Un typographe.
Parfois, ils vous disent quelque chose ...
 Elle l’avait prévenu : caché à l’arrière de sa tête, elle avait un second visage. Et s’il essayait de le voir, tout serait fini. Une nuit, pendant qu’elle dormait, il écarta doucement ses cheveux. Il vit deux yeux mi-clos, et une bouche qui chuchota : « Ça restera entre nous. »
Parfois ils sont poétiques :
Un jour, il remarqua qu’une nouvelle porte était apparue dans son petit appartement. Il l’ouvrit et se retrouva au beau milieu d’un champ. Il n’en parla à personne, et à partir de ce moment-là, il passa tous ses week-ends à la campagne.
Parfois....

Oh ! Et puis, lisez-les ! Vous ne serez pas déçu et trouverez toujours de quoi vous amuser, réfléchir, sourire, grincer des dents, rêver....




samedi 15 septembre 2018

Gwendy et la boîte à boutons - Stephen King et Richard Chizmar

Une "grande" nouvelle ou un petit roman


Le résumé :

Gwendy, que sa mère voulait appeler Wendy et son père Gwendoline, ou l'inverse, est une très jeune ado de douze ans un peu ronde et qui souffre d'être tournée en ridicule par quelques garçons de son école. Courageuse, elle prend son destin en main et se met à faire du sport : courir, grimper à toute vitesse l'escalier qui conduit aux marches des suicidés sont sa méthode pour perdre du poids. Méthode efficace. C'est ainsi qu'elle fait un jour la connaissance de Monsieur Farris, un homme mystérieux, coiffé d'un chapeau noir, et qui semble tout savoir d'elle. Il lui confie une boîte ornée de différents boutons de toutes les couleurs. Cette boîte mystérieuse lui délivre, quand elle le souhaite, de petits chocolats en forme d'animaux qui lui permettent de gérer son appétit et des pièces d'agent pur qui ont une grande valeur. Deux autres boutons, un rouge et un noir ont aussi des fonctions plus obscures que Gwendy est chargée de découvrir; quant aux autres boutons multicolores, ils sont censés représenter chacun un continent. Et Monsieur Farris, après lui avoir confié cet encombrant présent, disparaît.
Comment Gwendy va-t-elle utiliser ce cadeau magique? C'est ce que Stephen King et Richard Chizmar se proposent de nous faire découvrir. 


Mon opinion :

J'ai été pendant toute mon adolescence une inconditionnelle de Stephen King. Je ne peux pas dire que c'est lui qui m'a donné le goût du fantastique car cette addiction m'a été inoculée par des auteurs comme Lovecraft, Jean Ray, Thomas Owen, Henry James, Jacques Cazotte etc. pour n'en citer que quelques uns. Il n'en demeure pas moins que Stephen King occupe une place particulière dans mes lectures. 
Mais je crois que je vais lui être infidèle et renoncer à le lire.
Cette longue nouvelle ou plutôt ce petit roman m'a vraiment ennuyée.
Si le King voulait écrire un conte pour enfant, d'accord, il a en partie atteint son but, mais c'est quand même un peu trop gentillet et dans ce genre, il a bien mieux réussi dans Le Talisman et sa suite, tous deux écrits en collaboration avec Peter Straub, ou encore dans le recueil Cœur perdu en Atlantide. Ces œuvres dont les héros étaient de très jeunes adolescents étaient vraiment captivantes et fantastiques et on ne pensait pas une seconde à les refermer si on était un amateur du genre. 
Gwendy et la boîte à boutons est une petite histoire qui aurait pu être écrite par une comtesse de Ségur du 21ème siècle. Jamais vous ne tremblerez, jamais vous ne frissonnerez comme dans Ça, et la seule créature fantastique de cette histoire, Monsieur Farris, n'atteint pas le petit orteil du maléfique clown qui a horrifié toute une génération d'ados ou même des différentes abominations rencontrées dans les autres romans ou recueils de l'auteur. 
C'est un fait, on ne tremble pas dans Gwendy et la boîte à boutons.
Et puis, on s'y ennuie copieusement aussi. Il n'arrive presque rien à cette jeune adolescente qu'on accompagne jusqu'à ses 22 ans. On suit avec résignation ses années d'école, ses petites avanies et déceptions et on regrette même que tout se passe si bien pour elle, qu'elle soit si raisonnable avec cette boîte, qu'elle n'ait pratiquement aucune curiosité, ni véritable envie d'exploiter le potentiel maléfique de cet objet. 
On se dit alors "Mais où était Stephen King lors de l'écriture de cette histoire ? Son but était-il  d'attirer Richard Chizmar sur le devant de la scène" ? L'éditeur du King a-t-il voulu lancer un nouvel écrivain de l'horreur et a-t-il obligé Stephen King à le parrainer?" Un but noble sans doute mais qui, à mon humble avis, a desservi le Maître du fantastique et de l'horreur.
D'autre part, en lisant la biographie de Richard Chizmar, j'ai découvert qu'il avait enseigné l'écriture puisqu'il a été professeur d'écriture. Alors, j'ai bien envie de lui dire, à lui qui ne lira jamais ces lignes, que son choix de narration qui consiste en un résumé des péripéties qui surviennent dans la vie de Gwendy, faisant ainsi l'impasse sur le suspense, adoptant ainsi un ton monotone et ennuyeux, n'a jamais été le mode d'écriture de King et pour cause ! On s'ennuie copieusement et le fantastique ne fait pas mouche ! 


Petit morceau choisi :

Gwendy craint sans cesse que la boîte à boutons ne soit découverte ou volée. Cette peur, comme un bruit de fond dans sa tête, ne régit cependant pas sa vie, loin de là. Peut-être est-ce d’ailleurs une des raisons pour lesquelles Mr. Farris la lui a donnée. Il a bien dit : Tu es l’élue.
Elle travaille bien à l’école, décroche un rôle important dans la pièce de fin d’année en quatrième (rôle dont elle n’oublie pas une seule réplique), et continue à courir.Rien ne vaut la course à pied ; quand l’ivresse du coureur la saisit, même le bruit de fond disparaît. Parfois elle en veut à Mr. Farris de lui avoir imposé cette responsabilité, mais la plupart du temps ce n’est pas le cas. Comme il l’a affirmé, le coffret accorde des dons. Une faible récompense, disait-il, mais qui ne paraît pas si insignifiante à Gwendy : sa mémoire s’est améliorée, elle n’a plus envie de dévorer tout le contenu du frigo, elle a 10 sur 10 aux deux yeux, et il y a encore autre chose. Sa mère la dit très jolie, mais sa copine Olive va plus loin.

etc.
J'ai envie de dire "Mais montrez-nous sa peur ! Montrez-nous comment elle découvre les mutations qui s'opèrent en elle ! Faites-nous vivre à travers Gwendy !"
Et j'aurais ajouté "Et les boutons? Pourquoi sont-ils si peu exploités?" et "Voulez-vous vraiment nous faire croire qu'une adolescente est aussi raisonnable que Mère Thérésa? "

Et je ne parle pas de la fin en queue de poisson que Stephen King n'a pas dû lire.....



jeudi 13 septembre 2018

Snowblind - Christopher Golden

Un bon roman fantastique



Le résumé : 

Vous êtes à Coventry, petite ville américaine et il neige. Beaucoup. Énormément même et la météo annonce que les chutes de neige vont s'intensifier. C'est un blizzard et les habitants sont inquiets sans véritablement pouvoir expliquer leur inquiétude.
Dans son restaurant, Ella Santos regarde la neige s'accumuler et déplore le peu de clients qui ont pris le risque de sortir de chez eux. TJ qui joue de la guitare pour les clients du restaurant observe sa patronne et se prépare à sortir rejoindre sa vieille mère chez qui il doit passer la nuit.
Ailleurs dans la ville, Allie Schapiro a organisé un repas familial qui réunit ses deux fils, Jake et Isaac,  et Miri la fille de son compagnon, Niro. Elle est anxieuse, à la fois à cause de la neige, mais aussi parce qu'elle craint que ses enfants n'adoptent pas Niro et Miri.
Plus loin encore, dans les rues de la ville, Joe Keenan, un bleu de la police de Coventry, fait sa ronde, anxieux lui aussi.
Ailleurs encore, Doug Manning, jeune mécanicien, est de corvée et obligé d'aller chercher le repas de ses camarades du garage alors qu'il aurait préféré rester avec sa jeune épouse Cherri.
Une petite ville et un blizzard particulièrement fort.
Des habitants qui se calfeutrent chez eux angoissés.
Pourtant, malgré les précautions prises par tous les habitants, des gens, des proches qu'ils chérissent, vont disparaître et mourir : la mère de TJ, le fils d'Allie, Isaac, le compagnon d'Allie, Néro, l'épouse de Doug, Cherri. Et bien d'autres.
Douze ans plus tard, la ville a survécu et les habitants ont essayé tant bien que mal de continuer à vivre sans pour autant oublier leurs chers disparus.
Et on annonce un terrible blizzard, bien plus puissant que celui subi il y a douze ans.
Et certains savent que la neige n'est pas la seule responsable de la mort ou de la disparition d'une partie de la population.
Il y a quelque chose qui attend dans le blizzard......


Mon opinion :

Stephen King a dit de ce roman "Ce livre vous glacera les os et le cœur."
Evidemment, j'adore Stephen King mais je suis néanmoins méfiante : il a parfois porté aux nues des œuvres franchement ennuyeuses du point de vue du fantastique et je ne suis plus ses recommandations. Sauf cette fois, et j'ai eu raison !
Snowblind aurait pu être écrit par le Maître King en personne. C'est un excellent roman fantastique qui installe une atmosphère angoissante induite par la tempête de neige et qui ne laisse aucun répit au lecteur.
Comme Stephen King, Christopher Golden peint des personnages attachants et il procède par petites touches, ne révélant que ce qu'il faut pour retenir l'attention du lecteur, pour qu'il s'attache aux personnages et ait envie de connaître leur destin.
Pour l'atmosphère fantastique, il procède de même: on ne découvre que très progressivement ce qui habite ce blizzard. Et on n'est pas déçu ! D'ailleurs, l'idée est originale et Christopher Golden ne tombe pas dans le déjà-vu. Il dévoile très progressivement la nature de ce qui va prendre possession de la petite ville sans tomber dans le spectaculairement gore ou dans la facilité.
Vraiment j'ai beaucoup aimé ce roman et, comme un lecteur du site de la Dame à cheval, je dirai que si vous aimez Stephen King, vous allez adorer Snowblind de Christopher Golden.
Enjoy !



Le mystérieux Mr Kidder - Joyce Carol Oates

Un roman assez troublant


Le résumé :

Katya est une jeune fille de seize ans originaire d'une petite ville défavorisée du Comté de Cumberland dans le New Jersey. Sa famille est pauvre, son père est un joueur qui les a abandonnées et sa mère est une dame assez légère et peu affectueuse avec ses trois filles. Depuis l'âge de treize ans, Katya travaille après les cours et lors des vacances d'été, et c'est ainsi qu'elle a trouvé une place de nounou auprès d'une famille bourgeoise de Bayhead Harbor, une ville balnéaire qui abrite de riches vacanciers. 
Katya s'occupe, très bien d'ailleurs, de deux enfants, Tricia, une petite fille de trois ans et Jerémy, son frère, un adorable poupon. 
Un jour, alors que le trio se promenait le long des vitrines des magasins de luxe, un vieux monsieur  très distingué murmure  à l'oreille de Katya cette phrase magique « Et que choisiriez-vous, s’il vous était accordé un souhait ? ».
Commence alors une relation des plus étranges entre la jeune fille et le vieillard. 

Mon opinion :

Oates est un écrivain très prolifique et généralement encensée par le public et qui a les faveurs de la critique. Je la connaissais à travers certaines de ses œuvres, en particulier ses romans gothiques Bellefleur, Les mystères de Winterthurn etc. que j'avais beaucoup appréciés. Cette dame écrit bien, installe ses personnages de manière efficace et c'est un plaisir de suivre l'histoire d'une famille ou les vicissitudes d'un héros. 
C'est ainsi qu'alléchée par le titre, je me suis lancée dans la lecture des tribulations de Katya et de Marcus Kidder. La première partie de ce roman qui en compte deux est assez agréable et l'on suit avec amusement la progression de l'amitié amoureuse de cette adolescente à la fois très dégourdie et un peu fleur bleue et de ce vieux gentleman amoureux de l'Art et de la Beauté. 
L'écriture très délicate et un peu précieuse d'Oates invite le lecteur à une longue flânerie dans la vie de ce couple atypique. 
On se doute un peu que ce Marcus Kidder est épris de la belle Katya et que cette dernière est flattée de l'attention qu'il lui accorde et cette première partie ressemble un peu à un conte de fées : la jeune fille pauvre et le vieux roi excentrique qui s'accordera peut-être une dernière amourette.
Mais la seconde partie du roman nous entraîne plutôt dans un fait divers sordide. Et ça, j'ai détesté.
Bien sûr, une fois qu'on a goûté à l'écriture délicate de l'auteur, une fois qu'on a fait connaissance avec les personnages très finement décrits, analysés, on veut connaître la fin de l'histoire et on se doute bien que ce dénouement sera à la fois audacieux et étonnant. C'est le cas. 
Mais on n'est pas forcément obligé d'aimer cette galerie de monstres ! 
Tous les personnages de ce roman m'ont semblé monstrueux, détestables. Je n'ai pas réussi à éprouver de la pitié pour la fragilité de Katya, cette adolescente rejetée de tous, ni pour cet adorable vieillard que j'ai trouvé diabolique et dont les véritables intentions, que l'on ne découvre que dans les dernières pages, sont révoltantes et égoïstes. 

Ceci dit, l'écriture ciselée de l'auteur, le décor, les objets qui constituent le quotidien de Marcus Kidder, Katya elle-même, sont de véritables hymnes à la Beauté, à l'Art. Le lecteur baigne dans cette délicieuse beauté des lieux, des mots, dans ce parti pris du luxe, de l'Art et c'est alors qu'il se prend à les haïr ! 
On finit par se dire que si la quête du Beau mène à ce dénouement, on s'en passerait volontiers. 


mercredi 15 août 2018

Jour de fureur - Richard Matheson

Par l'auteur de Les Seins de glace ou de Je suis une légende




Le résumé :

Vince est un jeune homme très beau, un pianiste talentueux, mais c'est aussi un déséquilibré interné dans un hôpital psychiatrique. Il décide de s'échapper et n'hésite pas à tuer le gardien pour parvenir à ses fins.
Bob et Ruth sont mariés, bientôt parents et s'aiment. Leur vie est paisible.
Stan et Jane sont également mariés mais seul Stan est encore amoureux. Jane méprise son époux, le trompe et ne perd jamais une occasion de l'insulter, de l'humilier en s'exhibant devant lui avec ses nombreux amants.
Le point commun entre ces cinq personnages c'est qu'ils se sont connus quand Vince était encore en liberté.
Mais Vince s'est évadé et son esprit délirant a décidé de régler ses comptes....

Mon opinion :

Richard Matheson, pour moi, c'est l'auteur de nouvelles fantastiques, c'est une promesse de récits envoûtants, délicieusement effrayants et qui font mouche à chaque fois. 
J'avais oublié qu'il était aussi l'auteur des Seins de glace, ce roman qui a donné ce film inoubliable avec Alain Delon, Mireille Darc et Claude Brasseur. Pour la petite histoire, Mireille Darc jouait le rôle d'une psychopathe qui avait tué son mari avec un pic à glace; une femme avec un vrai problème psy. Mais rien de fantastique, dans les Seins de glace, juste un thriller. 
Alors quand j'ai lu le nom de l'auteur, Richard Matheson, j'ai bondi sur le livre et me suis installée confortablement, certaine d'embarquer pour la planète Fantastique.
J'ai été déçue. J'ai attendu les premiers indices du fantastique, imaginant par exemple que cet hôpital psychiatrique était hanté ou que le dément Vince était doté de pouvoirs extraordinaires...C'est ce qui m'a empêchée de laisser le roman de côté. J'ai attendu. Il faut dire que je n'avais pas lu la quatrième de couverture et que je n'avais consulté aucun résumé. J'aurais dû.
Alors je ne dis pas que ce roman est mauvais, loin de là, juste que ce n'est pas ma came. 
Je me suis ennuyée avec Vince, ce personnage que je ne suis pas parvenue à haïr ou à prendre en pitié. Je n'ai pas tremblé pour les deux couples de victimes qui ne m'ont jamais été sympathiques. Impossible pour moi de m'attacher aux personnages. Et puis, surtout, j'ai étouffé dans ce huis clos désolant, dans cet univers de 1953. 
Pourtant c'est un roman qui réjouira sûrement les amateurs du genre thriller parce que l'auteur a beaucoup de talent. Il sait faire vivre ses personnages, leur donner de l'épaisseur, les rendre pitoyables ou monstrueux. Il est passé maître dans l'art de ciseler une atmosphère angoissante faite d'infimes détails qui nous tiennent en haleine et, évidemment, il sait écrire. 
Mais ce roman n'était pas pour moi. 

mercredi 8 août 2018

Schtroumpf les Bains - Peyo (Culliford Thierry , JOST Alain , Garray )

Une schtroumpferie



Allez une petite BD de ces adorables lutins crées par le regretté Peyo.

Le résumé :

Le schtroumpf bricoleur a décidément trop de travail : tous les petits schtroumpfs le harcèlent pour qu'il répare leurs ustensiles de cuisine, de jardinage, de travail  etc. Il a bon cœur mais il est justement occupé à inventer une machine à dénoyauter les cerises et il n'arrive plus à donner satisfaction à tous, alors il craque. 
Le Grand Schtroumpf, toujours aussi sage, lui conseille de se mettre au vert et c'est ainsi que notre schtroumpf bricoleur en viendra à prendre des vacances à la montagne au bord d'un lac, à se construire une résidence de vacances et, pourquoi pas, une station balnéaire pour tous les petits schtroumpfs.

Mon opinion :

Qui n'aime pas les schtroumpfs?.....Personne, à mon avis. 
C'est pour cette raison que lire une BD des schtroumpfs est un excellent choix : on ne peut pas s'ennuyer, on ne peut pas s'empêcher de sourire, de rire...ou alors il faut vraiment être de la famille du schtroumpf grognon. 

D'autre part le sujet traite des vacances, des villages de vacances, des centres balnéaires surpeuplés, et même si on n'a jamais fréquenté ce genre d'endroits, on en connait le principe grâce à certaines comédies célèbres, et franchement, c'est drôle. 

Allez, je ne résiste pas :


mercredi 1 août 2018

Les Pouvoirs perdus, tome 2: La Faille entre les mondes - Marion Zimmer Bradley

La suite de Glenravenne



Résumé :

Kate est une jeune femme paisible qui a un petit magasin d'artisanat et qui vit seule. Mais ce soir, sa route croise celle de trois escogriffes bien décidés à la malmener et à lui faire payer ses choix religieux. En effet Kate a rejeté la foi chrétienne et est devenue une adepte de la magie. Elle parvient à échapper à ses agresseurs mais c'est pour découvrir en rentrant chez elle qu'on a tué son cheval. 
Alors qu'elle tente de se remettre du choc, elle découvre sur sa table de nuit un curieux livre qu'elle ne se souvient pas avoir acheté: le guide Fodor. Un guide de voyage qui parle d'un pays qui n'existe pas: Glenravenne. 
Et comme si cela ne suffisait pas, et alors que Kate avait quitté sa chambre pour obéir aux instructions du livre, elle voit un vortex s'ouvrir dans son jardin, quatre curieux personnages en sortir précipitamment, immédiatement suivis d'une créature tout droit surgie des enfers. 
Evidemment, ce n'est que le début de ses ennuis....


Mon opinion :

J'ai bien aimé cette histoire, finalement. 
En fait je ne suis pas fan des séries, ni des suites, ce qui revient au même. Je trouve que le premier roman d'une série a un avantage, celui de l'originalité. Il est celui qui nous fait découvrir un monde et les tomes suivants perdent ainsi cet effet de surprise. C'est un peu le cas avec l'histoire de Kate. On s'attend un peu à ce qui va arriver car l'auteur a repris les même schéma : une humaine apparemment dépourvue de pouvoirs magiques qui croise la route de personnages venus d'une autre dimension et qui est recrutée pour sauver le monde, pardon, les deux mondes. 
Alors vous aurez le même cocktail : pouvoirs magiques, batailles, morts, amour, suspense et happy end ... pour certains. De la fantasy, quoi. 
Mais ce tome 2 m'a quand même bien divertie, et je ne me suis pas ennuyée un seul instant.
Ah ! Un conseil : lisez le tome 1 avant , faute de quoi, vous pataugerez un peu. 





mercredi 25 juillet 2018

L'Orphelin de Perdide - Stefan Wul

Un tout petit roman, de la SF d'antan




Je vous ai mis cette première de couverture parce que je la trouve craquante. 

Résumé:

Sur Perdide, un homme épuisé court. Il est accompagné de son fils, le petit Claudi qui a tout juste quatre ans et qui a surtout envie de jouer. Mais le père est anxieux et se retourne souvent. Il sait qu'il va mourir et veut sauver le petit Claudi. C'est pour cette raison qu'il lance un ultime appel à Max, le Grand Max, comme on le surnomme, pour qu'il vienne sauver son fils. 
Le Grand Max est un homme mystérieux, intelligent, cynique, bel homme de surcroît, un peu contrebandier, l'archétype de l'aventurier au grand cœur, et il est dans son astronef à des années-lumière de là lorsqu'il entend l'appel de son ami. Il est trop tard pour sauver le père, mais peut-être peut-il sauver le fils qu'il s'agit de préserver des terribles dangers que recèle la planète. 
Alors une course s'engage, une course contre la montre qui va réunir des hommes et une femme, des amis et quelques ennemis. L'issue de cette course sera spectaculaire. 

Mon opinion : 

J'ai a-do-ré !  
C'est un tout petit roman de 150 pages qui se lit d'une traite en deux heures. Il est captivant. Il y a de l'action, de la haine, de l'amour, de l'abnégation, des créatures et beaucoup de simplicité. Et la fin est très étonnante, voire un peu tortueuse 
C'est de la science-fiction des années 50 - 60 puisque le roman a été écrit en 1958. C'est assez naïf, peut-être basique diront ceux qui encensent les auteurs actuels, mais moi j'y ai trouvé tout ce que j'aime: des planètes mystérieuses, des créatures bizarres, pas trop de complications politiques ou historico-sociologiques, pas de grandes guerres et finalement peu d'intrigues secondaires. Mais on se laisse emporter. On tremble pour le petit Claudi et on aime même les méchants pas si méchants que ça. 
Evidemment, ce n'est pas Dune. Encore qu'un certain passage dans les souterrains d'une planète inhospitalière et une certaine créature aient éveillé dans ma mémoire quelques souvenirs de Dune, justement, et même aussi de Star War, mais je n'en dirai pas plus. Je suis sûre que vous y penserez aussi. De là à imaginer que Frank Herbert ait lu Wul avant de publier Dune en 1965.....ou que George Lucas y ait jeté un oeil... 
Enfin, puisqu'on parle cinéma, ajoutons il y a une adaptation cinématographique de L'Orphelin de PerdideLes Maîtres du temps, film d'animation, semble-t-il de René Laloux avec des dessins de Mœbius. 
Stephan Wul est un auteur français disparu en 2003. Il est notamment l'auteur de Oms en série publié en 1957 qui est peut-être plus connu et qui a aussi fait l'objet d'un film d'animation. Vous vous souvenez peut-être de cette image d'extraterrestre tenant un petit homme dans la main... 

Lisez L'Orphelin de Perdide, vous ne le regretterez pas!


Les Amours jaunes - Tristan Corbière

Un peu de poésie....




Tristan Corbière n'est pas assez à l'honneur pourtant, c'est un grand poète.
On peut le considérer comme un poète régionaliste puisqu'il a peu quitté sa Bretagne natale et qu'il s'est plu à peindre la vie des matelots...Mais pas uniquement.
Tristan Corbière est avant tout un être qui a souffert physiquement et moralement, à cause de la notoriété de son père qui lui faisait de l'ombre, à cause de l'image qu'il avait de lui et de son absence de beauté, à cause de ses maladies. Tristan Corbière est aussi un amoureux transi qui a eu la malchance d'aimer une femme qui n'était pas pour lui et qui s'est un peu jouée de lui, semble-t-il. Or toute cette souffrance va déboucher sur un recueil unique mais oh combien attachant: Les Amours jaunes, "Jaunes" comme le rire jaune, comme la trahison.
Tout devient drôle sous la plume de Tristan Corbière, même l'abandon, même la mort...A lire!

Mon poème préféré : 

Sonnet à Sir Bob

Chien de femme légère, braque anglais pur sang. 



Beau chien, quand je te vois caresser ta maîtresse,
Je grogne malgré moi - pourquoi ? - Tu n'en sais rien...
- Ah, c'est que moi - vois-tu - jamais je ne caresse,
Je n'ai pas de maîtresse, et... ne suis pas beau chien.


- Bob ! Bob ! - Oh ! le fier nom à hurler d'allégresse !...
Si je m'appelais Bob... Elle dit Bob si bien !...
Mais moi je ne suis pas pur sang. - Par maladresse,
On m'a fait braque aussi... mâtiné de chrétien.


- Ô Bob ! nous changerons, à la métempsycose :
Prends mon sonnet, moi ta sonnette à faveur rose ;
Toi ma peau, moi ton poil - avec puces ou non...


Et je serai Sir Bob - Son seul amour fidèle !
Je mordrai les roquets, elle me mordrait, Elle !...
Et j'aurai le collier portant Son petit nom.

 


Alors pour la petite histoire, Tristan Corbière était fou amoureux d'une dame qui vivait déjà avec quelqu'un. Ce quelqu'un était un noble bien sous tous rapports alors que Tristan était très laid, malade, et plaisait peu aux dames et encore moins à LA dame. 
Mais il ne se décourage pas: il accompagne le couple en vacances, il le promène sur son bateau (il est un excellent marin) et il écrit des poèmes pour la dame en question dans lesquels il lui crie son amour, dans lesquels il la malmène un peu aussi. 
Ce poème est un exemple très drôle. Il dédie le poème à un chien, au chien de la dame de son cœur, et il fait mine d'être jaloux du chien, lui enviant les caresses que la dame lui procure. Déjà c'est drôle. Mais ça l'est plus encore quand on sait que le chien...c'est un avatar du monsieur noble en question! 
Bien joué, non?


Sire Cédric - L'enfant des cimetières

Un roman très noir




Résumé:

David, journaliste et photographe, accompagne sa collègue Aurore sur les lieux d'un drame atroce: un homme, pris de folie, a tué toute sa famille. Les deux journalistes, avides de gloire, n'hésiteront pas à prendre des clichés choquants de la tragédie et même à enquêter. 

Kristel, la compagne peintre de David, ne cautionne pas ce voyeurisme à outrance et essaie de raisonner son compagnon. 
Mais la série de meurtres s'emballe et prend une ampleur très étrange: un enfant, Nathaniel, surnommé l'enfant des cimetières n'est pas étranger à ce déchaînement de violence. C'est du moins ce qui se murmure. Alors, légende urbaine ou réalité démoniaque ? 
Un commandant de police, le commandant Vauvert, aura aussi un rôle à jouer dans cette sombre et sanglante histoire. 

Mon opinion :

Autant vous dire tout de suite que j'ai eu des difficultés à terminer le roman. Et ceci, malgré les avis dithyrambiques des aficionados de la Dame à cheval... 
Tout d'abord, c'est un roman qui commence comme un roman fantastique. Jusque-là, c'est plutôt sympathique, me suis-je dit. Je l'avais d'ailleurs commencé pour ça. Mais rapidement, on glisse dans le thriller, le policier à la Chattam. Tueur en série, psychopathe ou sociopathe, crimes ultra violents, détails macabres à la limite du soutenable, excessive violence, voilà ce qui semble constituer la recette d'un bon polar pour Sire Cédric. 
Oui mais voilà, je n'aime pas les thrillers sanguinolents et je n'étais pas vraiment préparée à tout cet excès d'hémoglobine, de scalpels qui tailladent, de tortures sadiques, moi qui souhaitais lire un bon petit roman fantastique. 
Alors, je me suis dit : "Je laisse tomber". 
Et puis, évidemment, j'ai voulu connaître la fin.... 
Et la fin, je vous le dis tout de suite, elle verse dans le rocambolesque. Et pourtant, elle est fantastique. 
Alors, je vous entends déjà : "Ben tu l'as eu, ton roman fantastique ! " 
Oui, mais je n'en demandais pas tant. Je n'en dis pas plus, vous comprendrez. 
Reste que je n'aime pas le mélange des genres : Un thriller mâtiné de roman satanique.... 
Mais je ne vais pas vous le déconseiller car je suppose que c'est un roman qui peut plaire aux amateurs du genre, et, effectivement, si vous aimez les histoires déjantées, violentes, où rodent des tueurs en série pervers et autres créatures sataniques, avec des policiers bougons et forts en gueule et des meurtres "sanglants" (et c'est un euphémisme), alors ce roman est pour vous. 
Mais pour les âmes sensibles dont je ne croyais pas faire partie, je vous mets en garde: pour la première fois de ma vie, j'ai fait un vrai cauchemar à cause d'un roman qui n'a pas obtenu le prix Masterton indûment ! 


Enjoy !

Les Pouvoirs perdus, tome 1 : Glenravenne - Marion Zimmer Bradley

Un chouette roman de fantasy !


Le résumé:

Deux amies d'enfance, JayJay et Sophie, décident d'oublier leurs déceptions sentimentales, leur chagrin et leurs vies médiocres et partent en vacances dans un pays mystérieux: la Glenravenne. 
En fait, ce pays n'existe pas, ou plutôt il n'est pas de notre monde. C'est JayJay qui, un jour de désespoir, a poussé la porte de sa librairie habituelle et a été littéralement hypnotisée par un guide de voyage qui promettait le plus merveilleux des périples en Glenravenne. Elle a surmonté les réticences du libraire qui, tout pâle, insistait pour lui vendre un guide de l'Italie et s'est ouverte de son projet de voyage à son amie Sophie qui s'est, elle aussi et contre son gré, sentie obligée de partir sur le champ pour la Glenravenne avec JayJay. 
Mais ce pays est magique et dominé par une abominable magicienne,  Aidris Alakan, qui soumet tous ses habitants à ses désirs les plus sanguinaires.
Pourquoi la Glenravenne a-t-elle choisi JayJay et Sophie pour ce voyage périlleux?


Mon opinion :

J'ai adoré.
J'ai passé de très bons moments avec les deux héroïnes, comme la contrée les appelle, et aussi avec les personnages les plus étranges ou les plus cruels. 

Imaginez un peu: on voyage d'abord en bicyclette à travers des chemins de montagne et on franchit une sorte de tunnel qui vous emmène dans un pays moyenâgeux; là, on est obligé de troquer sa bicyclette contre un cheval parce que dans ce pays, le monde moderne n'a pas sa place; à peine arrivé, on rencontre des créatures-chiens qui parlent, ont jadis formé tout un peuple et qui peuvent aussi avoir des pouvoirs magiques. On côtoie des créatures ailées assez proches des fées, des Machnans qui semblent les cousins des humains, les pouvoirs magiques en plus, des Kins, des Alfkindirs, d'horribles Warrags... et tout ce petit monde n'a qu'un but plus ou moins louable: s'emparer des deux héroïnes. Certains, pour de sombres desseins, d'autres pour sauver la contrée. 
C'est dire si mon goût pour les créatures étranges, les mondes pittoresques a été satisfait. 
Alors comme dans tous les romans de ce type, il y a une quête, des batailles sanglantes, de la magie, des victoires et des défaites et....encore de la magie!
Une bonne recette pour passer un excellent moment. 



La bonne nouvelle, c'est qu'il y a une suite: La faille entre les mondes. Miam !


samedi 7 avril 2018

Gigante - Au nom du père - Pierre Bordage

Un roman SF gigantesque


Le résumé :

Lorsque Zaslo Merticant ethnolinguiste débarque sur Gigante, il a deux objectifs : retrouver la trace des gigantesques squelettes de créatures géantes disparues mis à jour par une expédition ethnologique dont on n'a plus eu de nouvelles depuis deux siècles TU, et tuer son père. 

Petit morceau choisi:

Je suis venu sur Gigante pour tuer mon père.
Mon père, parti il y a presque vingt ans TU d’Azadée, notre planète natale. Mon père, encore plongé dans son sommeil cryogénique quelque part dans l’espace. Il ne pouvait pas savoir que le système de propulsion des vaisseaux connaîtrait un développement fulgurant durant son propre voyage, que la vitesse des vols spatiaux serait multipliée par vingt grâce à l’utilisation de l’énergie noire : là où il mettra quarante années TU à parcourir la distance entre Azadée et Gigante, il ne m’en a fallu que deux. J’avais vingt ans lorsque j’ai embarqué à bord du Questor, et j’avais opté pour une cabine ordinaire, dépourvue du caisson de cryogénisation programmable, parce que je voulais être conscient de chacun des instants de mon périple. Après la mort de ma mère, plus rien ne me retenait sur Azadée. Le petit pécule dont j’ai hérité m’a permis de financer mon expédition.
Voilà donc sa principale motivation.
Mais la planète sur laquelle il débarque n'est pas ordinaire. Gigante a en effet des proportions hors normes:

Gigante porte bien son nom.
Dix-huit mille fois plus grosse que PrimeTerre, la planète mère ; cent quatre-vingts fois plus volumineuse que Soleil, l’étoile référentielle des Mondes affiliés.[...]
 Un jour dure ici deux mois de temps unifié. Il se divise en trente quartiers diurnes (du premier au trentième) et en trente quartiers nocturnes (du trente et unième au soixantième), chaque quartier se subdivisant lui-même en vingt vingtièmes ou vingtes (soit environ une heure de temps unifié) et en dix dixièmes ou dimes (soit deux heures de temps unifié).

Et le voyage ne va pas s'avérer simple:

Il me faut d’abord surmonter un obstacle de taille : les distances, énormes, qui réclament autant de temps que d’énergie. J’ai entendu dire que certains peuples ayant atterri depuis plusieurs siècles n’ont pas encore atteint leur destination sur Gigante. Les appareils volants ou les engins à voiles stellaires qui approchent la vitesse de 900 kilomètres/heure TU – 820 kilomètres/vingte – ont besoin de cinquante années TU – un peu moins d’une année locale – pour parcourir la moitié de la circonférence de la planète, soit 394,2 millions de kilomètres. S’il existe un moyen d’aller plus vite, je dois absolument le découvrir, même si la tâche me semble pour l’heure insurmontable.

Le décor étant planté, l'aventure peut commencer. C'est ainsi que Zaslo va embarquer  sur un vaisseau, un glisseur, en partance pour la région du Bragant où il espère retrouver les traces des créatures géantes; ce voyage doit durer vingt-cinq ans tant la planète est gigantesque, or Zaslo veut être revenu pour l'arrivée de son père qui aura à ce moment-là l'allure d'un homme de trente-deux ans, comprenez qu'il paraîtra dix ans de moins que son fils grâce à la magie de la cryogénie.
Mais tout ne se passera pas comme Zaslo l'avait escompté...

Mon opinion :

J'ai adoré ce roman, et surtout cette planète qui est en fait la véritable héroïne de ce roman. C'est une planète fascinante de par sa taille, d'abord, de par les distances qui obligent les voyageurs a utiliser la moitié de leur vie pour se rendre d'un point à un autre.
Les peuples qui se sont installés sur Gigante ne sont pas des natifs, ou du moins ne sont pas originaires de la planète, et ils sont tous pittoresques car différents aussi bien par leur histoire, leurs coutumes et aussi parfois leur morphologie. 
Les différentes régions de Gigante ne se ressemblent pas bien qu'elles aient toutes un point commun: l'hostilité de leur climat et de leurs conditions de vie. Ainsi, vers la région du Bragant, on trouve des lacs d'une substance verte qui tue un homme en quelques secondes. Les arbres font plus de deux cents mètres de hauteur et il faut au moins trente hommes pour encercler leurs troncs. La chaleur atteint des températures de plus de cinquante degrés et la gravité est difficile à supporter pour un voyageur novice.
La faune n'est pas en reste puisque certaines créatures sont plus proches des ptérodactyles voraces que des oiseaux que nous connaissons, tous à la dimension de la planète. D'autres sont encore plus terrifiants. 

Un bruit attira l’attention de Zaslo, qui se redressa et scruta la pénombre autour de lui. Il remarqua d’abord les lueurs jaunes phosphorescentes perchées à plusieurs mètres de hauteur. Elles ne relevaient pas des phénomènes électriques, elles brillaient au milieu d’immenses masses regroupées un peu plus loin.
Des yeux.
Un cri prolongé provenant de l’une des masses retentit comme une sonnette d’alarme. Zaslo discerna peu à peu les formes, les faces, les oreilles, les mufles, les crocs, les pelages, les pattes.
Des animaux. Mesurant à première vue une bonne dizaine de mètres au garrot. Frappant les ossements de leurs griffes recourbées.
Des marzongs.

Et puis, il y a les orages dévastateurs qui tuent chaque fois des centaines de gens, qui peuvent détruire une ville entière et contre lesquels il n'y a aucune parade.

Mais Zaslo au prix de grands sacrifices, va devenir un Voyageur bien particulier, et tout va changer pour lui, pour la planète....
Je vous laisse le plaisir de découvrir ce fabuleux secret.


L'île des disparus - La fille de l'eau - Camilla Sten et Viveca Sten

Par l'auteur des romans de la série Meurtres à Sandhamn





Le résumé :


Tuva est une adolescente de douze ans, qui vit dans une des îles de l'archipel de Stockholm avec son père et sa mère. Tous les jours, elle se rend à l'école en bateau en compagnie d'autres adolescents de son âge qui le lui parlent guère car Tuva est assez solitaire et elle se méfie de ses camarades de classe qui ne perdent pas une occasion de la traiter en étrangère. Mais depuis quelques temps Tuva qui adorait la mer a peur. Elle pressent un danger, fait des cauchemars qui mettent en scène sa noyade. Il faut dire que Tuva a eu un accident lorsqu'elle était petite et qu'elle a failli se noyer.
Or un jour, alors que son collège organisait une course d'orientation dans la forêt, non loin de la mer, un de ses camarades de classe disparaît. A partir de là, les problèmes vont commencer pour Tuva.


Mon opinion :


La fille de l'eau est un roman jeunesse et n'a rien à voir avec les romans policiers de l'auteur qui ont enchanté les amateurs du genre. D'où certaines critiques assez négatives que l'on peut lire ici ou là. 
La fille de l'eau est aussi un roman qui repose sur la mythologie nordique et qui introduit donc des créatures surnaturelles, ce qui tombe bien car j'adore les créatures étranges, gentilles ou plus cruelles. Et je n'ai pas été trop déçue puisque l'on rencontre des créatures magiques. Mais ceci dit, ce n'est pas un roman transcendant ou qui révolutionne le genre fantastique ou merveilleux. C'est un roman qui nous fait passer un moment bien sympathique et cela s'arrête là. Il ne faut pas oublier que l'héroïne n'a que douze ans, et que l'auteur n'a pas cédé à la mode consistant à traiter les adolescents de douze ans comme s'ils en avaient dix-huit. Donc, on n'aborde que des problèmes d'enfants de douze ans et le monde est perçu à travers leurs yeux.
Mais je suis quand même satisfaite de cette lecture rafraîchissante.

jeudi 8 mars 2018

Les nouveaux voisins - Catherine Mckenzie

Pas vraiment un policier ni un thriller


Le résumé :

Julie Prentice est devenue assez rapidement un écrivain célèbre et très riche grâce à son premier livre: Le Jeu de l'assassin. Un roman qui lui apporte la notoriété, l'argent et.....beaucoup d'ennuis. En effet, pour écrire ce roman, Julie s'est inspirée de ses années d'étudiante à l'université de Montréal, et justement, c'est une ancienne camarade d'université qui lui fait vivre l'enfer en la harcelant, et l'oblige, elle, son mari Daniel et ses deux enfants, à déménager et à s’installer à Cincinnati dans un joli quartier résidentiel. 
Mais assez rapidement Julie prend peur. Il semblerait que quelqu'un continue à la harceler, et de plus ses relations avec le voisinage ne sont pas exactement celles qu'elle espérait....


Mon opinion :

Ce n'est pas du tout le genre de roman que je lis habituellement, non pas que je méprise ce type de littérature, mais les histoires de familles en butte à des relations de voisinage houleuses ou confrontées au harcèlement, ne m'ont jamais attirée. Et puis le sujet de ce roman est trop proche des faits divers, de ces histoires dont les médias se font les échos, 
Mais pourtant les personnages, même s'ils sont banals à première vue, finissent pas nous intriguer. J'avais tout d'abord envie de savoir comment cette histoire de harcèlement allait se terminer pour Julie et sa famille. Puis, on découvre assez rapidement, puisque l'auteur a choisi une narration à deux voix, narration située à deux époques différentes, on découvre donc qu'il y a eu une tragédie.Tragédie qui nous est révélée dans les trois ou quatre dernières pages. Alors, évidemment, on tient à connaître le nom de la victime. 
Ensuite, et surtout, on se demande si Julie n'est pas tout bonnement folle car, croyez-moi, elle enchaîne les bévues. C'est le genre de fille maladroite qui engendre les catastrophes ou les attire. Petits morceaux choisis: elle aperçoit, lors de son jogging dans le quartier résidentiel où elle vit, une forme humaine qui essaie de s'introduire dans le sous-sol des voisins et elle ordonne à son chien dressé pour ça d'attaquer. Résultat: un pauvre gosse, le fils de ses voisins les plus proches, se retrouve immobilisé par le chien et mordu au visage. Si je dis "pauvre gosse", c'est parce qu'il allait tout bonnement retrouver sa petite amie au sous-sol de la maison de ses parents. Autre exemple, et ce sera le dernier, histoire de ne pas tout raconter: Julie invite ses voisins à une sorte de dîner de réconciliation parce la voisine et elle ont eu un différend, et elle renverse en plein dîner sur ladite voisine le plat de sauce bouillante des pâtes. Elle entraîne tout de suite la malheureuse victime dans la salle de bain pour baigner d'eau froide les brûlures, se trompe de robinet et l'asperge d'eau bouillante ! Résultat: des brûlures au deuxième degré. Quand je vous aurai dit que la voisine est la mère de l'adolescent mordu par le chien, vous comprendrez que Julie n'a rien à envier à Calamity Jane....
Mais n'allez pas imaginer pour autant que le roman de Catherine McKenzie soit comique ou burlesque. Rien de tout cela et le sujet est même grave, même si, personnellement, je n'ai jamais tremblé pour Julie tant elle représente le type même de l'amie que l'on n'aimerait pas avoir. 
Alors, pour conclure, je dirai que ce roman est plaisant. Ce n'est ni Balzac, ni Zola, mais je gagerai qu'il ferait un téléfilm agréable à regarder.


dimanche 25 février 2018

Des journées entières dans les arbres - Marguerite Duras

Plutôt un recueil de nouvelles



Le résumé: 
Des journées entières dans les arbres, c'est l'histoire d'une journée et d'une nuit dans un appartement parisien. Rien à voir avec les arbres ? Patience.
Une mère, très âgée, rend visite à son fils. Elle a enduré six heures d'avion pour le rejoindre, lui qu'elle n'a plus vu depuis cinq ans. Cette mère est devenue riche, presque sans s'en apercevoir et le but réel de sa visite est d'inciter son fils Jacques à venir la rejoindre et à reprendre l'usine à laquelle elle est viscéralement attachée. Mais Jacques est un paresseux, un joueur qui préfère vivre d'expédients et qui refuse de travailler. Il vit d'ailleurs avec Marcelle, une jeune femme qui vit de ses charmes et qu'il chasse de chez lui tous les deux jours.
La mère a d'autres enfants auxquels elle ne s'intéresse pas. Seul Jacques qui préférait dénicher des oiseaux lorsqu'il était petit plutôt qu'aller à l'école, a trouvé grâce à ses yeux. 


Mon opinion : 
Des journées entières dans les arbres est la première nouvelle de ce recueil éponyme, encore que parler de nouvelle me gène un peu puisqu'elle contient une centaine de pages et surtout parce qu'elle approfondit bien l'aspect psychologique des personnages. Les autres nouvelles, je n'en parlerai pas ici.
Ceux qui ne connaissent pas Duras, ceux qui n'ont pas dévoré ses romans, ceux qui ont toujours détesté le Nouveau Roman, vont s'ennuyer profondément en lisant cette longue nouvelle. Et je les comprends. Il faut d'abord aimer lire Duras avant de se lancer dans la plupart de ses romans. J'aime lire Duras, j'aime ses personnages impalpables, ses intrigues qui n'en sont pas, cette atmosphère si particulière et si délètère qui me fait toujours songer à ces fins de journées d'été et à ce sentiment nostalgique qui s'empare de nous et qui nous apporte la certitude que le monde n'a peut-être aucun sens. Mais je m'égare. 
Des journées entières dans les arbres, c'est l'histoire d'une mère et d'un fils. C'est l'histoire d'un immense amour maternel, inconditionnel et désespéré. C'est l'histoire d'un fils incapable de rendre heureux ceux qui s'attachent à lui. C'est l'histoire de trois être humains à la dérive qui ne seront jamais heureux. Et qui se résignent. 

Marguerite Duras a  publié ce recueil en 1954 et a ensuite adapté cette longue nouvelle au théâtre en 1965. Vous pouvez d'ailleurs retrouver cette adaptation sur le site de l'INA: http://www.ina.fr/video/CPB77053910/des-journees-entieres-dans-les-arbres-video.html

Les fils du vent - Robert Charles Wilson

Un roman de l'auteur de Darwinia




Le résumé :

Karen, Laura et Tim sont des enfants étranges : il leur arrive de se lever la nuit et de franchir une mystérieuse porte qui les conduit dans un autre monde qui ressemble un peu au leur sans être tout à fait le même. Mais ce monde est dangereux et, un jour, ils y rencontrent un homme en gris qui offre à chacun d'eux un cadeau insignifiant, juste avant de les laisser réintégrer leur monde.
Karen a grandi et semble avoir tout oublié de ses escapades enfantines. Elle a un mari qui l'a quittée et un fils, Michael, qui semble spécial. Comme elle, Laura et Tim l'étaient lorsqu'ils étaient petits. Michael est d'ailleurs suivi à la trace par l'Homme en gris, ce qui pousse Karen à surveiller son fils et à le protéger un peu trop. 
Cette fois, pourtant, Karen a très peur : elle a aperçu Michael en compagnie de l'Homme en gris, et ils se trouvaient tous deux à proximité d'une porte qui s'ouvrait sur un autre monde. Elle décide de partir avec son fils.... loin, très loin.

Mon opinion :
J'aime beaucoup Robert Charles Wilson, et j'avais particulièrement apprécié Darwinia, même si ce roman SF n'a pas fait, semble-t-il, l'unanimité auprès des lecteurs. Je l'avais surtout aimé pour ce monde étrange, inconnu et exotique que l'auteur nous décrivait avec complaisance.
Les fils du vent est un roman qui reprend un thème cher à beaucoup d'auteurs de Science-fiction : les univers parallèles. Si vous connaissez la série Sliders, vous devez voir de quoi il s'agit : l'histoire de ce petit génie qui invente dans le sous-sol de la maison de sa mère une machine générant un vortex, capable de le propulser dans des univers parallèles. C'est une série que j'avais adorée, même si tous les mondes visités ne se valaient pas. D'ailleurs les mondes que je préférais étaient ceux qui étaient radicalement différents de notre bonne vieille Terre. Et si possible, des mondes peuplées de créatures infernales.
C'est dans cet état d'esprit que j'ai choisi de lire Les fils du vent, attirée par la perspective de voyager dans des univers peuplés de créatures cauchemardesques, d'entités abracadabrantes et de paysages improbables. J'ai été déçue.
Les fils du vent, c'est un petit roman sympathique avec des personnages auxquels on finit par s'attacher, une intrigue qui tient bien la route, un style agréable, un rythme entraînant, mais ce n'est pas un roman qui fait rêver. Les mondes visités sont très peu exploités et l'auteur a volontairement fait l'impasse sur les potentialités spectaculaires et dantesques liées au thème des univers parallèles. Il a plutôt mis l'accent sur les relations familiales, les difficultés d'être parent, les impossibilités à rester fidèle aux rêves de jeunesse.
Rien à voir avec la série Sliders.
Dommage pour moi. 



vendredi 5 janvier 2018

Notre château - Emmanuel Régniez

Un petit roman ambigu



Le résumé :

Un frère et une sœur habitent une vaste demeure qu'ils ont pompeusement surnommée "Notre château". Ils y vivent seuls, presque cloîtrés puisque seul le frère en sort une fois par semaine, le jeudi, pour se rendre en ville. Il se rend notamment dans une librairie pour acheter leur provision de livres de la semaine que sa sœur et lui dévorent quotidiennement. 
Mais un jeudi, le frère a une surprise: 

Le jeudi 31 mars à 14h32, j’ai vu ma sœur dans le bus n° 39 qui va de la Gare à la Cité des 3 Fontaines, en passant par l’Hôtel de Ville.

Or, il est impossible que sa sœur se soit trouvée dans cet autobus car elle ne sort jamais de chez elle. D'ailleurs, dès qu'il lui fait part de l'événement, elle le nie vigoureusement et ironiquement.
Et pourtant, à partir de ce moment, les anomalies vont s'enchaîner dans la vie de ce duo, ou plutôt de ce couple....

Mon opinion :

Très mitigée.
J'ai lu ce roman il y a peu de temps, et ce n'est qu'en tournant la dernière page que je me suis aperçue que je l'avais déjà lu. Ce n'était pas bon signe. J'étais persuadée de l'avoir juste commencé et abandonné, et en poursuivant ma seconde lecture, je me pensais en terrain inconnu car je n'avais aucun souvenir du dénouement. Et pour cause ! Car le problème numéro 1  de ce roman est le dénouement. Qu'en penser ? En ce qui me concerne : rien ! Absolument rien, et je ne suis pas certaine de l'avoir réellement compris comme l'auteur l'aurait souhaité, et ce, après deux lectures !  Je ne suis même pas certaine qu'il y avait quelque chose à comprendre.

En fait, je crois que le lecteur va attendre beaucoup trop de ce tout petit roman, de son titre évocateur de lieux enchantés, de ce couple un peu sulfureux, et ce pauvre lecteur va espérer avec impatience, qu'enfin, il se passe quelque chose. Mais il se passe peu de choses dans cette histoire, ou alors, il faut que l'imagination du pauvre lecteur égaré dans ces pages, se déchaîne pour égayer, ne serait-ce qu'un peu, cette lénifiante lecture. 

Et j'en viens au deuxième écueil de ce roman: le style.
Il plaira à certains, je n'ai aucun doute à ce sujet, mais d'autres s'en lasseront très vite. 
En fait, le narrateur de ce roman, le jeune homme, est atteint d'une sorte de logorrhée chronique assommante qui le pousse à répéter sans cesse, en boucle, les mêmes idées sous des formes à peine différentes. Un morceau choisi :

Je vais tout de suite dire quelque chose : ma sœur ne prend jamais le bus, ma sœur ne va jamais en ville. Elle déteste aller en ville. Elle déteste la ville. Elle déteste le bus et elle me dit chaque jeudi matin quand je pars pour la ville et que je vais prendre le bus : « Mais comment fais-tu pour prendre le bus ? Appelle un taxi. » Chaque jeudi matin, quand je quitte la maison pour me rendre en ville, ma sœur me rappelle son horreur du bus. Ma sœur me rappelle qu’elle n’a jamais pris le bus, qu’elle ne prendra jamais le bus. Ma sœur me rappelle qu’elle déteste le bus. Je sais pourquoi elle ne prend jamais le bus. Je sais pourquoi elle déteste le bus. Je sais aussi pourquoi elle ne comprend pas que moi je prenne le bus. J’y reviendrai.

Déjà là, on a envie de lui crier: "Non ! N'y reviens pas !", mais faites-lui confiance, il va y revenir....et beaucoup trop souvent à mon goût.

Enfin, tentons de glisser un mot sur les personnages, car l'on se dit qu'ils sont sûrement très originaux ou très sympathiques et que ce sont eux qui portent le livre.
Eh bien....non.
Je n'ai ressenti que méfiance et répulsion pour cette fratrie enfermée dans son anormalité, dans sa monstruosité, même, et j'ai bien peur d'avoir compris le dénouement, finalement...

Fasse le Ciel que ma mémoire ne m'égare pas encore une fois et qu'elle ne me lance pas dans une troisième lecture de cette histoire !