mardi 22 août 2017

Kenya - Namibia - Rodolphe et Léo - Marchal

Deux autres BD



Il s'agit en fait de deux séries de bandes dessinées, Kenya qui se passe au Kenya et comporte 5 tomes et Namibia qui a lieu en Namibie et comporte aussi 5 tomes.
Les points communs entre ces deux séries:
- L'héroïne : il s'agit de Kathy Austin, un agent gouvernemental britannique, qui enquête sur des événements mystérieux et inquiétants, et ceci, dans les deux séries.
- L'époque : on est juste après la seconde guerre mondiale, dans les années 1948, 1949, selon les tomes, avec tout ce que cela implique au niveau politique : méfiance, collaboration difficile entre les pays etc.
- Le cadre, les décors : essentiellement l'Afrique, le Kenya, d'abord, la Namibie, ensuite, mais avec des incursions en Angleterre. 
- Le thème : il est commun aux deux séries et met en scène des événements mystérieux et extraterrestres.

La première série : Kenya. 
C'est lors d'un safari tout ce qu'il y a de plus banal que les participants se trouvent nez à nez avec des créatures préhistoriques, dangereuses et incongrues dans ce décor africain. Plus ennuyeux : les hommes et les femmes participant à ce safari vont disparaître. Kathy Austin, dépêchée par son gouvernement va enquêter et aller de surprise en surprise. Sa mission se révélera très dangereuse, mais passionnante.

La série : Namibia.
Lors d'une enquête sur la famine en Namibie, un journaliste découvre d’étranges chenilles de la taille d'un caniche et a la stupéfaction d'apercevoir le sinistre  Reichmarschall, Göring, dont on avait pourtant annoncé la mort. Kathy Austen est alors envoyée par le MI5 pour enquêter sur ces événements contre-nature. Là encore, elle va croiser des visiteurs extraterrestres et des créatures monstrueuses.

Mon opinion :

J'aime bien, décidément, ce que fait Léo en matière de bandes dessinées. Cette fois, il s'est associé à deux complices pour produire deux excellentes séries. On retrouve les thèmes qui lui sont chers : les visiteurs extraterrestres, amis ou ennemis, comme dans Les Mondes d'Aldébaran, les animaux monstrueux inspirés de la Préhistoire, les manipulations génétiques etc. et les amateurs de science-fiction y trouveront leur compte. On hésite d'ailleurs dans ces deux séries entre L'ïle du docteur Moreau et Jurassic Park. Moi, j'adore.
Mais dans ces deux séries, on ressent également une pointe non négligeable de militantisme. C'est ainsi que les auteurs pointent du doigt, ou plutôt de leurs crayons, les grands problèmes de notre époque : la misère qui règne en Afrique, face à des pays riches qui détournent le regard, les maladies préoccupantes et contagieuses qui s'acharnent sur une population africaine que l'on abandonne à son triste sort, le racisme, les mésententes entre grands puissances qui risquent de mettre en danger la planète, etc.
Alors, je dirai que j'ai vraiment aimé et que ces bandes dessinées m'ont agréablement divertie et transportée dans d'autres mondes. 
Et même si l'héroïne, Kathy, une brunette dynamique et intelligente, est conforme aux fantasmes habituels des auteurs, comprenez par là que sa plastique n'a rien à envier à celle des héroïnes des Mondes d'Aldébaran, on sent que cette fois, ces messieurs se sont enfin penchés sur le potentiel cérébral des femmes et qu'ils ont créé une héroïne intelligente, bien qu'encore trop soumise à ces messieurs et trop victime de son sex-appeal à mon goût. 

J'ai vraiment apprécié cette BD et c'est une lecture que je conseille vivement. 

lundi 14 août 2017

Les mondes d'Aldébaran, Bételgeuse, Antarés, Survivants - Léo

Une orgie de bandes dessinées !



Les vacances sont une période bénie où on peut se prélasser dans son lit ou sur la plage, ou ailleurs, et c'est pour cette raison que j'ai choisi de me concocter une orgie de bandes dessinées. Et j'ai opté pour le dépaysement total, celui qu'aucune agence de voyage sur terre ne pourrait me procurer puisque j'ai accompagné Kim et ses compagnons dans des aventures extraterrestres époustouflantes. Comprenez que j'ai repris mes bandes dessinées qui prenaient la poussière sur les étagères, et que je les ai méthodiquement dévorées, dans l'ordre, et surtout, sans attendre le tome suivant puisque je les avais tous. 
Inutile de dire que j'ai adoré puisque, si ça n'avait pas été le cas, je ne me serais pas infligée ce pensum. 
Je ne vais pas résumer chaque tome, ce serait cruel pour les lecteurs potentiels. Je dirai seulement que chaque série comporte à peu près 5 ou 6 tomes, et dans une brève présentation, que les héroïnes de ces séries sont les planètes. D'abord Aldébaran où commence l'histoire, puis Bételgeuse, Antarés et enfin, la planète GJ1347-4. Ainsi, dans Les mondes d'Aldébaran, des colons, en provenance de la Terre, se sont installés sur la planète Aldébaran et ont mené leur petite vie tranquille, sans plus aucun contact avec leur planète mère. Mais un jour, une catastrophe survient. Dans Bételgeuse, un vaisseau spatial transportant des colons, est tombé en panne, et un petit groupe d'humains a trouvé refuge sur la planète. Dans Antarésune multinationale américaine, le groupe « Forward Enterprises » avec à sa tête le fanatique religieux Jedediah, décide de coloniser la planète pour son propre compte. Dans Survivants, un groupe d'humains partis pour Aldébaran, se retrouvent seuls sur une planète hostile et inconnue, le reste de l'équipage du vaisseau ayant succombé, le vaisseau spatial étant perdu corps et biens. 
Comme vous le constatez, dans chacune de ces séries, on retrouve le même schéma : des colons, une planète inconnue et souvent dangereuse, un accident de vaisseau spatial, la solitude et le "débrouille-toi" pour les colons. Recette simple mais infaillible. 
Alors, ce voyage, ou plutôt ces voyages, furent extraordinaires. Ces bandes dessinées, c'est la science-fiction des années soixante-dix, celle des séries télévisées comme Cosmos 1999 qui reste ma préférée ou Star Trek, encore que ce dernier soit déjà trop moderne et trop proche de nos séries actuelles. C'est la science-fiction qui consistait à envoyer un groupe d'humains à la découverte d'une planète inconnue. Pas de quête, pas de guerres entre galaxies, d'armes extraterrestres, non, juste une planète où la flore et la faune sont totalement excentriques et déjantées.
Avec Aldébaran, Bételgeuse, Antarés et même GJ1347-4, on en prend plein les yeux. Frissons garantis.
Petit aperçu de délicieuses monstruosités  :








Les personnages :

Autant le dire tout de suite, je les ai trouvés tous très stéréotypés. Déjà, pour la plupart, ils sont jeunes, même si, Alexa, par exemple, est une jolie humaine de.... 131 ans. Ils sont jeunes, minces et très beaux. Peu de vieillards, ou alors très caricaturaux comme le fanatique fou et prétentieux d'Antarés, Jedediah. Et il n'a pas plus d'une cinquantaine d'années. Les filles sont toutes de belles jeunes femmes minces à forte poitrine. Ben voyons....des clones des héroïnes d'Alerte à Malibu. Et pour la plupart, elles sont très libres de mœurs, et un brin exhibitionnistes, comme KIm, dont je vous parlerai plus loin. Les hommes sont jeunes et tout droit issus des salles de musculation. Ils peuvent être sympathiques mais avec une bonne dose de machisme, années 50. Bien sûr ils sont très protecteurs, notamment envers la fameuse KIm...et stupides, pour la plupart, ou alors naïfs.
Les gentils sont dégoulinants de bonnes intentions basiques et les méchants, eh bien ils sont méchants, sans plus. L'intelligence ? Je ne suis pas certaine qu'elle n'ait pas joué le rôle de la passagère clandestine qui a succombé dans le crash des vaisseaux spatiaux, certainement pas celui de l'héroïne. 

Parlons de Kim. 
KIm est l'héroïne des Mondes d'Aldébaran, de Bételgeuse et d'Antarés. Elle est juste évoquée dans Survivants puisque Manon, celle qui va devenir le chef du groupe des survivants et donc l'héroïne, est jugée "exceptionnelle" et admirable car elle ressemble à Kim, qui n'apparaîtra d'ailleurs pas dans la série. Manière très habile de relier les quatre séries.
Après mon orgie de bandes dessinées, je peux vous dire que si vous avez KIm comme amie, vous n'avez pas besoin d'ennemie. 
En effet, KIm est le prototype idéal de tous les fantasmes masculins. Elle est jeune, 24 ans, belle, mince, brune, exotique puisqu'elle est née sur Aldébaran, plus ou moins intelligente si l'on en juge par ses études de biologie, encore que cette intelligence ne m'ait pas sauté aux yeux immédiatement. 
Elle est surtout celle qui sera toujours "choisie". 
D'abord par les hommes, donc, si vous êtes une femme, vous n'existerez pas face à Kim, et si vous êtes un homme, vous n'aurez pas droit à la parole, sauf pour déclarer éventuellement votre amour à la belle ou pour lui dire combien vous admirez sa plastique. 
Et elle est belle, cette Kim, et elle a décidé de le montrer ! Quand je vous disais qu'elle était exhibitionniste, je n’exagérais pas car elle ne rate pas une occasion de se promener nue devant tous les mâles des divers mondes qu'elle hante. Il fait chaud ? Hop ! à l'eau ! Nue, évidemment. Elle a un peu transpiré ? Hop ! elle se déshabille en public pour changer de petite culotte ! J'exagère à peine. Le plus drôle, c'est qu'elle s'étonne que tous les hommes rencontrés fantasment sur elle. Elle ne comprend pas pourquoi les autres filles aussi jolies qu'elle ne les attirent pas ! Quand je vous disais que vous n'aviez pas besoin d’ennemie quand vous l'aviez pour amie....
Autre détail qui m'a bien fait rire: Kim prétend n'avoir été amoureuse que d'un seul homme (un bellâtre un peu stupide, carrément macho et peu empressé auprès d'elle du nom de Marc), mais elle est toujours d'accord pour "donner du sexe", ce qui nous promet une petite scène assez chaude dans la plupart des tomes des trois séries. 
Kim est aussi toujours choisie par les extraterrestres pour représenter l'espèce humaine. Non, ils ne veulent pas rencontrer les chefs d'état de la Terre ni les plus grands scientifiques de la Terre : ils ne veulent que KIm ! C'est elle, cette "gamine" de 24 ans, comme elle le dit elle-même, qui tiendra l'avenir de l'humanité entre ses mains !
Bon, je ne résiste pas, je vous dis pourquoi, mais à l'oreille, hein, je ne veux pas passer pour une langue de vipère : KIm a aussi "donné du sexe" à un bel extraterrestre ! Siiiiii ! Et elle a même eu une petite fille ! Ouaip ! C'est pas du piston, ça ?
Et je ne vous ai pas parlé de ses relations avec la Mantrisse....

Blague à part, Les mondes d'Aldébaran, Bételgeuse, Antarés, Survivants sont de fabuleuses bandes dessinées qu'il est impératif de vous procurer, d'acheter, de collectionner. Vous passerez de superbes moments. 
Félicitations au dessinateur, au scénariste. 


samedi 12 août 2017

Abyme - Mathieu Gaborit

Un roman baroque


Le résumé :

Maspalio est un farfadet, un Prince-voleur, qui a pris sa retraite. Comprenons qu'il s'est retiré des affaires de sa guilde dans une sorte de pension de famille qu'il dirige plus ou moins et dans laquelle il héberge quelques vieux compagnons, anciens voleurs comme lui. Maspalio vit dans la mystérieuse et envoûtante cité d'Abyme à laquelle ses habitants vouent un culte et un amour inconditionnels. Mais un jour, Vladitch, un Advocatus Diaboli avec qui Maspalio est plus ou moins en affaires, confie à l'ancien Prince-voleur une mission redoutable qu'il ne pourra refuser. A partir de là, Maspalio va devoir redoubler de prudence, agir avec intelligence et célérité et, surtout, revoir ce qu'il considérait comme acquis. Il devra être extrêmement prudent et user de tout son savoir, utiliser tous ses amis sûrs pour se sortir indemne de cette redoutable aventure.

Mon opinion :

C'est un petit roman envoûtant dont j'ai vraiment apprécié la lecture.
Je dois d'abord dire que c'est le tome 2 d'un cycle intitulé Les Crépusculaires. Je n'ai pas lu le tome 1 car j'ignorais que c'était un cycle. Je l'ignorais et c'est mieux car sinon je serais peut-être passée à côté d'Abyme parce que je ne raffole pas des séries ou cycles, et c'eût été dommage de faire l'impasse sur ce petit roman. 
Ce que j'ai préféré, ce n'est pas l'aventure de Maspalio, ni Maspalio lui-même, c'est la véritable héroïne du roman : la ville. Abyme m'a plu car elle ressemble à Venise par bien des côtés. On retrouve ses canaux, ses ruelles étroites, ses traboules (j'adore ce mot), ses échoppes moyenâgeuses et ses mystères. On voyage dans Abyme le plus souvent à pied ou en gondole, comme à Venise. On s'y perd de la même façon. Abyme est aussi exigeante et aussi mystérieuse que Venise. Ce sont deux villes qui se méritent et qui ne donnent pas leur confiance au premier regard. Ce sont aussi deux villes qui peuvent pareillement vous rendre heureux ou vous faire souffrir.
Les aventures de Maspalio....ressemblent à celles de beaucoup de romans écrits par les auteurs actuels d'héroïc fantasy : il y a une quête, la fameuse mission confiée à Maspalio, une quête dangereuse, riche en péripéties. Il y a des créatures merveilleuses : des ogres, des centaures, des minotaures, des démons, surtout. On trouve aussi des lutins, sorcières, fées noires etc. Le croisement entre le merveilleux et le fantastique est assuré par les démons et le monde des Abysses : classique, dirais-je. Rien d'extraordinaire. 
Par contre, j'ai trouvé que l'auteur installait parfois un univers à la Serge Brussolo. Vous savez, ces univers déjantés, excessifs et absurdes ? Je n'en donnerai qu'un exemple : les Gros. Imaginez un palais où des Gros, comprenez des personnes obèses, à la manière américaine, c'est à dire pesant quelques centaines de kilos, qui ne peuvent quitter leur lit, qui jouent les voyeurs pour la Cité, imaginez ces Gros tout puissants mettre fin à leurs jours en s'envolant du haut de leur palais recouvert de fientes d'oiseaux (encore une particularité vénitienne) sans que personne n'y trouve à redire et imaginez leurs dépouilles vénérées par la population qui leur prête des pouvoirs merveilleux . Si ce n'est pas un univers à la Brussolo, ça...
Bon, les personnages sont aussi relativement sympathiques et surtout impertinents. L'écriture est agréable. 
J'ai vraiment passé un bon moment dans ce petit monde et je vous conseille une escapade dans Abyme : vous ne le regretterez pas. 

vendredi 28 juillet 2017

Ce qu'il y avait derrière l'horizon - Jean-Pierre Andrevon

Un roman de science-fiction


Ce qu'il y avait derrière l'horizon par [ANDREVON, Jean-Pierre]


Le résumé : 

Jo Wong se réveille au bord d'une rivière, par un bel après-midi ensoleillé. Il vient de faire une petite sieste. Tout semble parfait : le paysage, le temps, le fait que Jo est en vacances. Bien sûr, il y a cette montre qui s'est arrêtée, cette rivière qui semble vide de tout poisson et ce silence...Il décide alors de rentrer chez lui auprès de sa femme et de ses deux enfants. 
Le retour est paisible puisqu'il ne rencontre personne sur la route : aucune voiture, pas de circulation et pas d'embouteillages une fois arrivé en ville. Sa maison semble elle aussi bien déserte, jusqu'à ce que son fils Mikhaïl âgé de sept ans tente de l'électrocuter et que sa fille Aïcha, dix-huit mois, le morde violemment à la main, façon pitbull.  Il devra les tuer tous les deux. Quant à son épouse, la blonde et fragile Chris....

Mon opinion :

D'abord, rassurez-vous, le peu que j'ai raconté du roman ne déflore absolument pas le sujet. Le fait que Jo ait été obligé de "se débarrasser" de ses deux enfants (et encore, je ne vous dis pas tout), n'est qu'un incident dans ce roman de science-fiction. Et non,  je ne suis pas devenue insensible. D'ailleurs, à propos de sensibilité, je vous conseille la prudence, car les scènes de mort sont assez réalistes....
L'intérêt du roman réside ailleurs. Dans le titre, par exemple. 
Mais je n'irai pas trop loin dans les indices.
J'en arrive à mon avis. C'est un roman qu'on se sent obligé de terminer car, évidemment, et c'est fait pour, on veut absolument savoir "ce qu'il y a derrière l'horizon"! Et le lecteur va envisager toutes sortes de possibilités.
L'ennui, c'est que j'ai malheureusement trouvé la solution assez tôt, nourrie comme je l'ai été depuis l'enfance (ou presque) de séries et de romans de science-fiction. Alors, quand on a deviné le fin mot de l'histoire, la suite du roman est assez ennuyeuse et la chute est bien peu spectaculaire. 
Mais c'est un petit roman qui se lit bien, qui est distrayant, même s'il ne révolutionne pas les lois du genre. 




mercredi 21 juin 2017

Un air de sorcellerie - Elizabeth-Ann Scarborough

Un roman plein de fraîcheur


Le résumé : 

Lorsque l'histoire commence, Maggie, une jeune sorcière domestique essaie de dissuader sa grand-mère, redoutable sorcière belliqueuse et rancunière, de donner un pauvre moineau en pâture à son chat Ching. Et Ching, le familier facétieux de la vieille sorcière est tout à fait d'accord pour dévorer le moineau, même s'il sait pertinemment bien que ce moineau est en fait un jeune troubadour métamorphosé par la sorcière.
La raison de cette colère vengeresse ? C'est que le troubadour, Colin Songsmith, qui est un jeune débutant tout droit sorti de l'école, a commis un impair de taille : il a chanté une chanson qu'il connaissait mal et qui relatait l'infortune de la famille de Sir William, le fils de la vieille sorcière. 
Que disait cette chanson ? Eh bien que la demi-sœur de Maggie, Amberwine, mariée au seigneur Rowan, avait quitté son époux pour suivre un beau gitan. On n'en savait pas plus, mais l'honneur de la famille était en jeu.
C'est ainsi que Sir William charge sa seconde fille, Maggie, de retrouver sa demi-sœur Amberwine et c'est ainsi que le pauvre troubadour est sommé d'accompagner la jeune sorcière dans son long voyage. Ching sera de la partie car il est un chat parlant, capable de communiquer avec tous les animaux et de rapporter ses conversations à Maggie.
Le voyage sera périlleux. 

Extrait: l'incipit du roman

Maggie eut grand besoin de ses pouvoirs magiques, quand la servante essoufflée la bouscula, pour empêcher les œufs de tomber du panier et de se fracasser sur le sol. Hélas, le sort garde-fou avait à peine eu le temps de remettre les œufs à leur place que la jeune femme commença à tirer sur la manche de Maggie menaçant de nouveau de les projeter à terre.
— Viens vite ! Ta grand-mère a recommencé !
— Fais attention ! s’exclama Maggie, occupée à sauver ses œufs du désastre et à libérer sa manche des doigts de la jeunette. Que se passe-t-il ?
— Un malheureux troubadour chantait une chanson ; sans prévenir, elle s’est mise à rugir, à hurler, à le transformer en moineau, à le chasser, à appeler son chat pour qu’il le mange… Ooooh ! tu entends ces miaulements ? Dépêche-toi !
La servante n’eut plus l’occasion de secouer la manche ; elle glissa sur la piste d’œufs brouillés laissée par Maggie tandis qu’elle traversait la basse-cour puis franchissait la porte de service de l’auberge.


Mon opinion :

J'ai beaucoup aimé ce roman de sorcellerie douce où la magie est omniprésente, où les créatures merveilleuses sont à la fois basiques et attendues dans un roman de ce genre, mais aussi distrayantes.
C'est ainsi que l'on rencontrera une licorne, des dragons, un farfadet, un lapin parlant et d'autres créatures magiques ou surnaturelles.
Les personnages sont eux aussi attachants, même s'ils sont finalement assez simples, bien installés  dans leur rôle de gentils ou de méchants. Maggie a des pouvoirs que Harry Potter aurait sans doute dédaignés, mais elle a aussi un sale caractère doublé d'une gentillesse et d'une foi en l'humanité qui en font une vraie héroïne. Colin est un peu le bêta ou le Candide de la bande, mais lui aussi est très vite sympathique et indispensable. 
Mon personnage préféré est Ching qui s'appelle en réalité Chingachgook et qui est sans doute le personnage le plus malicieux et le plus intelligent de la bande, voire du roman. Il n'est pas sans rappeler le chat du Cheshire, d'Alice. 
Alors, je vous préviens tout de suite, c'est un roman assez simple, sa structure est basique puisqu'elle repose sur un voyage, une quête, et les personnages ne sont pas complexes. Je pense que c'est un roman tout public. Mais je l'ai beaucoup aimé pour sa fraîcheur, sa simplicité; sa drôlerie et je le conseille si vous avez besoin d'une lecture récréative. 

dimanche 4 juin 2017

Marina - Carlos Ruiz ZAFÓN


Un roman de l'auteur de L'Ombre du vent





Le résumé : 


Oscar Drai, un adolescent d'une quinzaine d'années, est interne dans un pensionnat de Barcelone. Il s'y ennuie et passe ses journées à rêver ou, quand il peut s'échapper, à explorer les vieilles rues de Barcelone, à la recherche d'aventures. C'est ainsi qu'il pénètre presque innocemment dans le jardin d'une vaste propriété un peu à l'abandon. Un pas en entraînant un autre, il s'introduit dans la vaste demeure, attiré par un chant, et dérobe, sans le vouloir, une magnifique montre ancienne. 
Cette montre, Oscar se fera un devoir de la rapporter à son propriétaire, et c'est ainsi qu'il fera la connaissance de Marina et de son père.
Marina est une jeune fille à la fois belle et intelligente, drôle et mystérieuse, et, cerise sur le gâteau, elle a l'âge d'Oscar.
La suite est assez prévisible: les deux adolescents deviendront amis et Oscar sera très vite fasciné par la jeune fille. 
Elle sera son guide et c'est ainsi que Marina et Oscar exploreront le vieux cimetière de Sarria, qu'ils suivront une étrange dame en noir venue se recueillir sur une tombe ornée d' un inquiétant papillon noir, et qu'en se faufilant à la suite de la dame voilée, ils pénétreront dans une étrange construction couverte de lierre : un jardin d'hiver. 
Qui est dans la tombe dans le cimetière ? Que vient faire cette dame en noir dans ce jardin d'hiver à l'abandon ? Que sont réellement ces silhouettes anguleuses qui sont accrochées dans les airs, juste sous le plafond de la serre? Et d'où provient cette puanteur de marais et de puits empoisonné? 
Autant de questions auxquelles le roman va répondre. 
Le dénouement sera terrible. 


Mon opinion : 

C'est un roman que je garderai en mémoire, c'est certain. Mais si j'ai attendu un peu avant d'en parler, c'est que je m'interroge encore : L'ai-je aimé ? M'a-t-il déplu ? Un peu des deux, je crois.
Tout d'abord, ce roman n'est pas une histoire d'amour, même si les deux adolescents vont sans doute éprouver des sentiments forts l'un pour l'autre. Ensuite on peut dire que c'est un roman fantastique, mais qui n'a rien à voir avec le fantastique traditionnel. Et justement, c'est ce fantastique assez particulier, propre à Zafon que j'ai moyennement apprécié. Il m'a laissé dans l'esprit un sentiment étrange, un peu nauséeux, qui, lorsque j'ai refermé le roman, m' a tout d'abord inspiré du dégoût, de la répulsion. 
C'est que l'histoire est à la fois très noire, très malsaine, mais aussi très rocambolesque. Ainsi le lecteur explorera Barcelone, du moins ses quartiers obscurs et peu connus, ses maisons à l'abandon, et il descendra dans les égouts et dans des souterrains, tantôt en suivant des personnages maléfiques et fous, tantôt en tentant de leur échapper. Il y aura du mystère, de l'horreur, de l'action, des morts aussi...et pire.
Reste que Marina est un personnage attachant qui manipule un peu Oscar mais qui est l'âme de ce roman. Et Barcelone distille une atmosphère particulière, enchanteresse même, et le dépaysement est garanti. 
Evidemment, le mystère aussi est garanti.

Alors, je ne peux que vous conseiller cette lecture qui ne vous laissera pas indifférent. 
Mais attention: vous aurez du mal à l'effacer de votre mémoire. J'en suis encore hantée. 



dimanche 7 mai 2017

Les 100 portes secrètes - Colin Thompson

Un très agréable roman



Bon, je vous préviens tous de suite, beaucoup classeront ce roman dans la collection jeunesse, mais je ne suis pas d'accord pour le réserver aux enfants et beaucoup de lecteurs adultes n'iront pas lire le résumé dans la collection jeunesse; or je ne veux pas les priver de ce petit bijou 



Résumé de l'éditeur: 

Peter vit dans un musée qui, la nuit venue, devient son royaume. Il sait où trouver les objets les plus étranges et les plus merveilleux. Un soir, dans la bibliothèque, il rencontre une vieille femme étrange, qui lui remet un livre appelé Comment Vivre Sans Fin, en lui faisant promettre de ne jamais le lire. Mais Peter cède à la tentation et tout change autour de lui. Le sol est recouvert d'herbe, un lac s'étend au milieu de la bibliothèque et les livres sont devenus de gigantesques maisons... 

Mon opinion :

Comme je l'ai dit, c'est un roman tout public, et même un peu cruel pour un enfant de 10 ans à mon avis, cruel comme les pires contes de fées de notre enfance qui nous apprennent que nos parents, grands-parents sont mortels, que les ogres existent et que la vie n'est pas un conte de fées. 
Donc, voilà, je l'ai rangé volontairement dans le rayon "fantastique". 
C'est un vrai bijou que ce petit roman de 236 pages. Seul bémol : ils auraient pu se fatiguer un peu pour dessiner une première de couverture digne de cette magnifique histoire racontée avec brio. 
Alors c'est vrai, le héros est un petit garçon de 10 ans, ce qui m'a fait craindre le pire car je m'étais copieusement ennuyée avec les trouvailles puériles et déjà exploitées de Coraline de Gaiman. 
J'étais très méfiante. 
Et j'avais tort ! 
En effet, l'histoire commence dans un musée qui est LE musée dont tout le monde rêve. Un musée du Louvre puissance mille, comprenez un musée très extensible, un musée sans fin qui contient tous les trésors de l'univers, et même plus. Déjà, j'étais conquise. 
Ensuite, comme le résumé de l'éditeur vous l'apprend, ce petit garçon va devoir se lancer dans une quête, dans un voyage initiatique, ce qui pourrait paraître classique, si l'auteur n'innovait pas complètement. 
Je ne vais pas trop en révéler, mais sachez seulement que les livres, les décors insolites, les portes et les créatures gentilles ou assez ignobles vous accompagneront tout au long du récit. 
Dans ce roman, les méchants sont de vrais méchants, de ceux qui vous mettent de vrais bâtons dans les roues et qui vous apprennent que la mort existe et qu'il faut une certaine force de caractère pour lui échapper. Les gentils ressemblent aux amis que l'on se fait dans la vraie vie. 
Les péripéties sont nombreuses, le rythme assez rapide. Il y a des créatures, comme je l'ai dit, des dangers, des nobles et moins nobles sentiments...Enfin tout y est. 
J'ai adoré et j'emporte ce petit monde dans ma tête comme une musique douce....et je rêve de rencontrer Thillis. Découvrez donc qui il est ! 

Je parie que d'autres préféreront Archimède, que j'ai adoré aussi!